Irrité par Moubarak, l’Irak boycotte une réunion arabe au Caire





Irrité par Moubarak, l'Irak boycotte une réunion arabe au Caire Le Quotidien-Agences Des ministres arabes ont discuté hier au Caire de la crise en Irak, en l'absence du principal intéressé qui signifiait ainsi son mécontentement après les déclarations du président égyptien, Hosni Moubarak, sur la loyauté des chiites irakiens à l'Iran. La réunion au siège de la Ligue arabe a décidé d'intensifier les contacts régionaux et internationaux pour mettre un terme à la dégradation de la situation en Irak, a indiqué le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. "Nous aurions souhaité que l'Irak soit présent et je pense qu'il le sera à la prochaine réunion", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse. Il a précisé avoir contacté les dirigeants irakiens "qui ont exprimé leur souhait de surmonter (la crise) rapidement", en référence à la tension entre le Caire et Bagdad. Mais de l'aveu même de diplomates arabes, l'absence de l'Irak "a jeté une ombre négative" sur la réunion. Initialement, le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, devait exposer devant la réunion les efforts déployés pour mettre en place un gouvernement irakien d'unité nationale. Mais le siège de l'Irak est resté vide, conformément à la décision de boycottage. "Nous voulons, par cette décision, rappeler à nos frères la nécessité de soutenir l'Irak", a déclaré mardi le Premier ministre irakien Ibrahim Jaafari. Moubarak avait estimé, dans une interview diffusée samedi par la chaîne Al-Arabiya, que l'Iran exerçait une grande influence sur les populations chiites dans le monde arabe, et surtout en Irak. Anticipant cependant une résistance irakienne, Moussa et le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheit, avaient assuré que la réunion aurait lieu avec ou sans l'Irak. Les chefs de la diplomatie de Bahreïn, du Koweït, de Syrie, de Jordanie et des diplomates des Emirats arabes unis, du Soudan et d'Algérie y ont également participé. "Nous sommes tous dans un grand pétrin et nous souffrons tous. L'important c'est de préserver l'unité et la souveraineté de l'Irak. Nous ne pouvons pas accepter que l'Irak reste la scène d'une effusion de sang et d'un conflit entre les communautés religieuses", a dit Moussa. Les réactions irakiennes d'indignation aux propos de Moubarak se sont poursuivies, le plus prestigieux des religieux chiites en Irak, le grand ayatollah Ali Sistani, ayant adressé un message au président égyptien. Le porte-parole de la présidence égyptienne, Souleimane Awad, a de nouveau tenté de calmer le jeu, en assurant que l'intention de Moubarak n'était pas d'attaquer les chiites d'Irak.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com