Naufrage «Amira» : Le père d’une victime raconte ses malheurs…





La justice a dit son dernier mot sur le naufrage du navire «Amira». Le père de l’une des victimes de cette catastrophe raconte… Tunis-Le Quotidien Saïd Barkallah, 82 ans, retraité de la Caisse Nationale de la Sécurité sociale, recevra dans quelques semaines un peu plus de 70.000 dinars conjointement avec son épouse. Cette somme, du reste importante, va lui permettre d’effectuer le pèlerinage «si Dieu le veut», dit-il. Il ne semble pas enchanté outre mesure. L’argent provient de l’indemnisation due à la disparition de son fils unique Fethi, il y a près de 3 ans au large de la mer Noire. Après moult tractations entre les protagonistes de l’affaire, la justice a décidé d’accorder à sa famille cette somme conformément aux textes en vigueur. M. Saïd vit dans l’île de Kerkennah depuis des décennies en compagnie de sa femme et de son fils unique. Après la disparition de ce dernier, M. Saïd Barkallah perd non seulement un fils, mais aussi l’unique personne qui avait l’habitude d’introduire dans le foyer toute la chaleur humaine, toute la tendresse nécessaire. La petite villa située à quelques pas de la mer est aujourd’hui très vaste pour le couple âgé. «Ma femme a été très touchée par la disparition de notre fils. Jusqu’à maintenant, elle continue d’espérer de le voir d’autant plus que nous avons reçu l’année dernière une communication téléphonique de l’étranger signalant que des membres de l’équipage seraient encore en vie. Elle n’en voulait pas comprendre», dit-il. «J’essaie de lui expliquer mais en vain. Elle m’en veut également d’avoir contacté l’avocat pour constituer la partie civile», ajoute-t-il. «Mon fils est plus cher que tout cet argent», ne cesse-t-elle de répéter. Le regard hagard, laissant parfois échapper un léger sourire de complaisance, M. Saïd parvient difficilement à cacher sa peine. Il se souvient: «Mon fils avait un comportement exemplaire. Il était très tendre avec ses parents. Tous les voisins l’aimaient et le respectaient. Mais il n’avait à aucun moment voulu rompre avec le célibat. Il répétait sans cesse qu’il n’en avait pas les moyens et qu’il ne voulait surtout pas laisser une femme seule au foyer alors qu’il sillonnait les mers pendant des mois pour des raisons professionnelles». Notre rencontre fut abrégée par le manque de temps. M. Saïd devait reprendre le chemin vers Kerkennah où sa femme l’attendait. «Si vous passez par les parages, n’hésitez pas à nous honorer par votre visite», lançait-il. M. Saïd est en fait originaire de Kébili, une région peu favorisée par la nature mais où l’hospitalité constitue le dénominateur commun de tous les habitants de la région. Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com