Patrimoine : Tunis, ville aux mille et une architectures





La ville de Tunis a un cachet architectural qui se distingue par son style européanisé en plus de son ancien look arabo-andalou. Cette diversité fait d’elle une ville résolument moderne et attachée aussi à son passé. Les différentes phases de l’aménagement de la ville de Tunis et de la mise en place de son architecture urbaine ont été au centre d’une conférence animée par Chiraz Mosbah et consacrée au thème: «Le patrimoine urbanistique et architectural de la ville de Tunis à l’époque coloniale». Dans sa communication, cette assistante d’université s’est évertuée à expliciter l’évolution du patrimoine urbanistique et architectural de la ville de Tunis entre 1900 et 1930, une période qui a coïncidé avec le démarrage, à grande échelle, de l’urbanisation de la ville de Tunis. Après une étude approfondie sur les bâtiments au cours de cette période, Chiraz Mosbah est arrivée à dégager quatre styles architecturaux en milieu urbain de Tunis. Il s’agit du style éclectique qui a été prédominant, entre 1881 et 1900, puis celui néo-baroque, inventé entre 1900 et 1920. Après ces deux styles, la capitale a vu naître le style «Art déco» qui a été le cachet architectural préféré entre 1925 et 1940. Parallèlement à cela, il y a eu aussi la naissance d’une autre typologie architecturale du genre «new-moresque» et qui a intégré le patrimoine architectural tunisien entre 1900 et 1930. Mais, selon Chiraz Mosbah, le style moderniste n’a fait son apparition qu’entre 1943 et 1947. Il a été surtout dominant dans les nouveaux bâtiments européens de Tunis. * L’hégémonie architecturale européenne Il y a lieu de rappeler que les typologies architecturales «néo-baroques» et d’ «Art et déco» ont été les plus prédominants dans le style européanisé sous la colonisation à Tunis. Selon la conférencière, Tunis reste une ville d’allure européenne, où prédominent les cachets architecturaux hérités de la colonisation. Le style arabisant ou fonctionnaliste cherche aussi toujours sa place parmi la kyrielle de genres proposés. Dans certains milieux urbains, on assiste actuellement à un retour au cachet architectural new-moresque dans les zones touristiques et notamment dans les hôtels. Ce type d’architecture a été sollicité pendant l’époque coloniale au cours de laquelle certains Français et intellectuels avaient une préférence pour le style moresque et arabisant. Il faut également rappeler que l’urbanisation est restée assujettie, pour sa part, à celle européanisée. Les architectes de l’époque qui étaient en majorité des géomètres et des ingénieurs s’étaient inspirés des aménagements des villes européennes, notamment françaises. Avant 1920, la ville de Tunis était aménagée de façon spontanée et sans aucune référence aux règles architecturales. Mais, à partir de 1920, le premier plan d’aménagement officiel a vu le jour, sur décision municipale. Ce nouveau plan n’ayant pas donné les effets escomptés, il a été revu à partir de 1929. Plus tard, sous le protectorat, certains monuments de la Médina de Tunis ont été réaménagés et européanisés. Cette vague d’européanisation du style architectural et urbain s’est poursuivie 15 ans après l’Indépendance. Elle a influé, par la suite, tous les plans d’aménagement urbain et architectural de la ville de Tunis. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com