Rice en Egypte : Flagrant délit d’incohérence





La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a tenté lors de la première étape de sa tournée au Proche-Orient de promouvoir le programme de Washington de démocratie, tout en mettant la pression sur le Hamas palestinien porté au pouvoir par les élections. Le Quotidien-Agences Rice s'est entretenue au Caire avec le président égyptien, Hosni Moubarak, de la situation régionale, notamment après la victoire électorale des islamistes du Hamas. Le chef de l'Etat a mis l'accent sur la "nécessité de donner du temps au Hamas", tout en continuant à aider financièrement les Palestiniens. La chef de la diplomatie américaine, qui a entamé avant-hier en Egypte une tournée régionale axée sur les développements en Irak, le programme nucléaire iranien et la victoire du Hamas, a également rencontré des représentants de la société civile égyptienne. Elle a appelé le Hamas, vainqueur des législatives palestiniennes du 25 janvier à choisir entre "terrorisme et politique". "Vous ne pouvez pas avoir un pied dans le camp du terrorisme et un autre dans le camp de la politique", a-t-elle déclaré au cours d'une conférence de presse conjointe avec son homologue égyptien, Ahmed Aboul Gheit. Les Etats-Unis, tout comme l'Union européenne et les autres pays donateurs des Palestiniens, ont lié le maintien de leur aide à la reconnaissance d'Israël par le Hamas, son renoncement à la lutte armée et son acceptation des accords israélo-palestiniens passés, ce que le mouvement refuse de faire. * Question de temps "Nous devrions donner du temps au Hamas", a pour sa part insisté Aboul Gheit. "Je suis sûr que le Hamas va se développer, va évoluer. Nous ne devrions pas préjuger de l'issue" de ses discussions internes, a-t-il ajouté. Un responsable du Hamas, Mohammad Nazzal, a affirmé que le langage américain de la menace renforçait la position de son mouvement. "Les Etats-Unis n'ont pas appris que le langage de la menace ne marche pas avec le Hamas", a affirmé Nazzal, en visite au Caire. "Plus les Etats-Unis exercent des pressions sur le Hamas, plus le peuple palestinien soutient le Hamas" qui va former le nouveau cabinet. De son côté, le chef du parti travailliste israélien, Amir Peretz, qui se trouve également au Caire, a estimé qu'"Israël ne peut pas vivre avec le Hamas". "J'appelle la communauté internationale à soutenir la demande que le Hamas reconnaisse Israël, adopte les accords conclus (avec les Palestiniens) et mette un terme au terrorisme", a-t-il déclaré à la presse à l'issue d'un entretien avec le président Hosni Moubarak. Lors de sa rencontre avec des représentants de la société civile, Rice a souligné que depuis sa précédente visite au Caire en juin 2005, "beaucoup de changements bons et d'autres moins bons" s'étaient produits dans le pays en allusion aux législatives de novembre-décembre entachées de violence. "Nous avons beaucoup de partis, mais ils sont inefficaces parce qu'ils n'ont pas l'occasion de s'exprimer", a indiqué lors de l'entretien un défenseur des droits de l'homme, Saadeddine Ibrahim. Il a demandé à Washington, qui consacre quelque 2 milliards de dollars d'aide par an à l'Egypte, de "conditionner le soutien au progrès démocratique".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com