Nucléaire iranien : Russes et Chinois cherchent un compromis





Des diplomates occidentaux ont affirmé hier que l’Iran a franchi une nouvelle étape dans l’enrichissement de l’uranium. Des révélations qui interviennent au moment où des responsables russes et chinois se trouvaient à Téhéran afin de trouver une solution à la crise. Le Quotidien-Agences L'Iran a franchi un nouveau pas dans l'enrichissement de l'uranium, étape cruciale de la filière nucléaire, en mettant en marche dix centrifugeuses reliées entre elles en "cascade", ont affirmé hier des diplomates. Un prochain rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur le nucléaire iranien "confirmera que l'Iran a mis en marche dix centrifugeuses" dans son usine nucléaire de Natanz, dans le centre du pays, a indiqué un diplomate. Ces centrifugeuses ne sont plus utilisées de manière isolée, mais reliées entre elles en "cascade" et alimentées par un gaz, l'hexafluorure d'uranium gazeux (UF6), utilisé pour produire de l'uranium enrichi, a-t-il expliqué. Un deuxième diplomate qui a également requis l'anonymat a cependant indiqué qu'une cascade de dix centrifugeuses ne pouvait pas aller très loin dans le processus d'enrichissement, "peut-être jusqu'à un pour cent ou un peu plus", soit bien en-deçà des 3% à 5% nécessaires pour la fabrication de combustible nucléaire, et des plus de 90% nécessaires pour des armes atomiques. Une telle installation ne peut pas produire d'importants volumes d'uranium enrichi, et même la cascade-pilote de 164 centrifugeuses que les Iraniens voudraient installer à Natanz mettrait des années à fabriquer assez d'uranium enrichi pour alimenter une bombe nucléaire. L'Iran souhaite installer à terme plus de 50.000 centrifugeuses à Natanz pour un enrichissement à échelle industrielle. Un diplomate occidental a toutefois averti que si "l'Iran est capable de maîtriser la technologie de l'enrichissement d'uranium (...) il sera capable d'appliquer cette technologie à un programme secret afin de fabriquer des armes nucléaires". Le rapport doit être présenté au Conseil des gouverneurs de l'AIEA qui se réunira le 6 mars à Vienne pour déterminer si l'Iran s'est conformé à une demande exprimée le 4 février par l'agence de sûreté nucléaire de l'Onu, de suspendre toutes ses activités liées à l'enrichissement d'uranium. * A la recherche d’un compromis Ces déclarations viennent saper les efforts des responsables russes et chinois qui sont arrivés hier à Téhéran pour des pourparlers destinés à trouver un compromis sur la reprise des activités nucléaires. Sergueï Kiriyenko, chef de l'agence à l'énergie atomique russe Rosatom, est arrivé à Téhéran dans la matinée pour trois jours de discussions avec les autorités iraniennes. Selon la télévision, l'émissaire russe profitera de ce séjour pour visiter, dans le port de Bushehr, un réacteur atomique de construction russe, le premier d'Iran, qui doit commencer à fonctionner cette année. La Chine a annoncé pour sa part l'arrivée hier dans la capitale iranienne de son vice-ministre des Affaires étrangères, Lu Guozeng, également pour trois jours de discussions. "Les jours précédant la réunion du mars de l'Agence internationale de l'énergie atomique sont cruciaux", a déclaré le ministre des Affaires étrangères chinois, Li Zhaoxing, rapporte l'agence Chine nouvelle. La Russie et la Chine, qui ont des liens économiques avec l'Iran et un droit de veto au Conseil de sécurité de l'Onu, sont plutôt opposées à des sanctions contre Téhéran. _____________________________ Rice et le CCG craignent la prolifération Le Quotidien-Agences La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et les ministres des Affaires étrangères des Etats membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) ont fait part de leurs craintes d'assister à une prolifération nucléaire dans la région, sans toutefois citer l'Iran. "Les deux parties ont discuté de la prolifération nucléaire dans la région, en mettant en avant leurs craintes et graves préoccupations" en la matière, indique un communiqué conjoint publié à l'issue d'une réunion organisée tard avant-hier à Abou Dhabi. Les deux parties ont réaffirmé la "nécessité de préserver la région du Golfe des armes de destruction massive", a poursuivi le communiqué. Rice a passé la nuit à Abou Dhabi, dernière étape d'une tournée au Proche-Orient qui l'a d'abord conduite au Caire, à Ryad et à Beyrouth, avant de s'envoler pour Washington.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com