«Semaine du film iranien» : Le «surdoué» de la morale





Une fiction qui sort un peu de l’ordinaire. C’est le qualificatif que l’on pourrait donner au “Surdoué”, le film projeté dans le cadre de la semaine du film iranien. Un public peu nombreux est venu assister mercredi à la Maison de la culture Ibn Khaldoun à ce film, il faut dire, agréable à voir à plus d’un titre. L’idée était d’amener le spectateur à réfléchir à travers une histoire qui se termine par une morale. En fait, c’est l’histoire d’un jeune employé de l’Etat d’humeur chagrine qui ne cesse de rouspéter à cause d’une vie difficile à vivre. Un quotidien pointu où il s’agit de batailler pour pouvoir survivre. Comme par enchantement, le jeune “Jawad” rencontre un homme étrange qui pour l’aider lui offre un journal prémonitoire où il découvre des faits qui vont se passer dans les mois à venir. Le jeune homme s’en sert pour s’enrichir. Mais une fois devenu riche, il abandonne sa fiancée, son cercle d’amis et même sa famille. Un homme au comportement nonchalant à de quoi s’attirer les foudres de son entourage. Il finit par tomber dans le piège d’imposteurs, malintentionnés qui abusent de sa crédulité pour l’entraîner dans une situation embarrassante. Le jeune homme finit par comprendre que cette course-haletante vers l'enrichissement ne va l’amener à rien, sinon à la mort. Il abandonne tous ses biens pour acheter son bonheur perdu et ses connaissances d’antan qui ne lui voulaient que du bien. “L’argent ne fait pas le bonheur”. C’est la morale qui ressort de ce film qui ressemble dans sa réalisation à un dessin animé: mouvement syncopés des personnages, bande son s’y rapportant, etc. Le film réalisé en 1984 est une innovation par rapport à ce qui existait pendant ce temps-là comme cinéma en Iran. Il est une nouveauté du point de vue de la technique de la réalisation et de la manière dont un sujet aussi épineux que celui des attaques irakiennes contre l’Iran dans les années 80, était traité. Celui-ci a été abordé avec beaucoup de simplicité pour ne pas dire avec ironie. Autre point fort, c’est que le film figure comme un miroir qui reflète d’une manière caricaturale la société iranienne de ce temps-là. Deux classes sociales s’y retrouvaient, celles des “miséreux” et celle des personnes “richissimes” qui acquièrent leurs fortunes, dans la majorité des cas, d’une manière illégale. Yadoullah Samadi le réalisateur croit qu’il vaut mieux en rire,… pour ne pas en pleurer. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com