«Tentative de putsch» aux Philippines : Un journal fermé, un leader de l’opposition arrêté





Après l'instauration de l'état d'urgence et l'arrestation de hauts gradés vendredi, la présidente philippine Gloria Arroyo a étendu hier à la presse et à l'opposition politique les mesures de répression visant à déjouer ce qu'elle affirme être une tentative de putsch. Le Quotidien-Agences Crispin Beltran, numéro un de la coalition de gauche Bayan Muna ("La Nation d'abord"), a été arrêté samedi dans sa demeure située dans la banlieue de la capitale Manille, ont indiqué deux porte-parole de la coalition. Bayan Muna a exigé la libération immédiate de Beltran, accusant Arroyo de "manœuvres fascistes" afin de conserver le pouvoir. Selon la télévision, Beltran est accusé de sédition. Le général à la retraite Ramon Montano, ancien responsable de la sécurité à Manille dans les années 1980, a également été arrêté. Il avait publiquement appelé à la démission de Arroyo dans un entretien télévisé vendredi. Beltran et Montano "font partie d'un complot en vue d'une rébellion", a assuré le directeur de la police, Arturo Lomibao, en confirmant les interpellations. Peu auparavant, la direction du quotidien Daily Tribune, connu pour son opposition à la présidente, a annoncé que la police avait fermé ses bureaux. Les autorités philippines avaient averti vendredi soir les médias de ne pas relayer les multiples appels lancés par l'opposition à la démission de la présidente Arroyo. La présidente Arroyo a décrété vendredi l'état d'urgence, accusant des éléments "fourvoyés" de l'armée de tenter de la renverser. Plusieurs hauts-gradés ont été placés sous les verrous et en particulier le général de brigade Danilo Lim, commandant l'unité d'élite des "Scout Rangers". Les rues de la capitale étaient calmes samedi. "La situation est sous contrôle et nous nous attendons à en finir d'un moment à l'autre", a affirmé hier dans un communiqué le porte-parole de la présidence Ignacio Bunye. Il a par ailleurs jugé "sans fondements" les critiques selon lesquelles le pays était retombé dans les années noires de la dictature Marcos (1966-1986). "Il y a vingt ans, le peuple renversait la dictature. Nous ne devrions pas permettre - non, nous devrions résister - un retour aux jours noirs de la répression", a estimé dans un communiqué Amado Macasaet, président de l'Institut de la presse philippine et directeur de publication du journal Malaya.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com