Nuit de cauchemar à la Cité Ettadhamen : Jarjar-la-terreur, enfin derrière les barreaux





Manoubi Ben Ali Kadhraoui , “Jarjar” de son surnom a acquis sa notoriété et conquis les cœurs de nos compatriotes au début du siècle dernier car il volait toujours au secours de tous ceux qui avaient besoin de son aide. L’autre “Jarjar” en revanche, le sinistre héros de cette affaire n’hésitait pas à mener la vie dure à ses voisins. Il s’agit d’un truand qui vit dans un quartier situé à quelques encablures de la capitale... Tunis - Le Quotidien L’un des héros de la résistance est sans doute “Jarjar”, ce vaillant combattant qui a mené la vie dure aux gendarmes français lors des incidents du Jellaz en 1911. Presque un siècle après, Jarjar est toujours présent dans la mémoire collective des Tunisiens, symbolisant l’intrépidité, le courage et la bravoure. Il se trouve que quelques énergumènes ont emprunté ce nom qui évoque la noblesse pour justifier des pratiques peu orthodoxes, amorales et en marge de la société et de ces principes. En effet, le pseudonyme “Jarjar” a été choisi par un énergumène qui a semé la panique à la cité Ibn Khaldoun, devenu le fief de ses dérives comportementales. Braquages, agressions physiques et verbales et trafics en tout genre, allant de la vente illicite d’alcool, aux stupéfiants, en passant par la prostitution constituent le lot des méfaits de “Jarjar”-la-terreur. En bon caïd qui a de quoi faire rougir d’envie un certain Al Capone, Jarjar s’est même payé le luxe de créer dans la cité une zone interdite placée sous son strict contrôle et fréquentée par une clientèle aux mœurs douteuses. Il s’agit d’un véritable bunker à ciel ouvert doublé d’une caverne d’Ali Baba où l’on trouve de tout. Ceux qui sont attirés par la chair fraîche ou la chair tout court y sont royalement servis moyennant espèces sonnantes et trébuchantes pour peu qu’ils obtiennent le visa d’accès de notre Jarjar. Il va sans dire que ce no man’s land créé de toutes pièces par Jarjar cause de multiples désagréments aux riverains et aux voisins. Car, dans ce haut lieu de la débauche, les rixes, règlements de compte et les rivalités sont monnaie courante au vu et au su de tout le monde. L’omerta ou loi du silence régnait en maître, car les pauvres habitants de la localité avaient une peur bleue des représailles de notre Jarjar, si d’aventure, ils pipaient mot aux autorités. Ce manège dura un bon bout de temps jusqu’au jour où la goutte fit déborder un vase déjà trop plein. Une véritable bataille rangée eut lieu en milieu de semaine dernière entre deux bandes rivales au royaume de “Jarjar”. L’accrochage était d’une violence inouïe, puisque les sinistres protagonistes de ce règlement de compte ont eu recours à la grosse artillerie à savoir des barres de fer, des épées, de longs couteaux de boucher. Ce fut, une réelle boucherie, puisque cette rixe s’est soldée par de nombreux blessés. Ceux qui ont échappé se sont barricadés dans une maison limitrophe dont le propriétaire a été littéralement pris au dépourvu par l’intrusion subite de cette horde sauvage sanguinolante. Passé le choc de cette confrontation inédite, le pauvre malheureux reprit quelque peu ses esprits, et prit ses jambes à son cou pour se rendre au premier poste de police où il raconta aux agents ses déboires. Au moyen d’importants renforts le fief de Jarjar fut ainsi assiégé par les agents de l’ordre qui réussirent non sans mal à arrêter Jarjar et tout sa clique mettant fin au cauchemar des habitants de la cité. H.M.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com