«Semaine du cinéma iranien» : La vérité… mais à quel prix ?





En quête de la vérité, Abdallah erre dans le désert. Autour de la notion de la vérité, le réalisateur iranien Chahram Asdi a articulé son film «Le jour de la bataille». La vérité est-elle toujours bonne à dire et à voir ? A cette question tumultueuse, nous répond Asdi... «J’ai vu la vérité accablée par des chaînes, coupée en mille morceaux et suspendue aux lances». Ainsi répond Abdallah à une question brûlante sur la notion de la vérité, en retournant chez lui après des moments terribles et délirants passés au cours de ses pérégrinations... «Le jour de la bataille» est un film qui remet en question des évidences pour chercher des vérités et étancher sa soif à la réalité. Projeté, samedi après-midi à la Maison de la Culture Ibn Khaldoun, ce film a attiré un bon nombre de cinéphiles. Tant mieux pour cette maison de la culture qui retrouvé, ces derniers jours, son dynamisme et sa vitalité d’antan ! Signé par Bahram Baydhaîi et réalisé par Chahram Asdi, ce film relate l’histoire de Abdallah, ce jeune’ qui vient de se convertir à l’Islam. Le jour de son mariage, Abdallah a entendu une voix, qui demande de l’aide... Il a été le seul à entendre cette voix qui vient de loin, du grand désert... Il a cru entendre la voix de l’Imam Husseïn qui réclame de l’aide. Abdallah a laissé son mariage et son épouse derrière lui décidant de suivre cet appel qui pourrait être la lumière de la vérité. Errant d’une terre à l’autre, d’une oasis à l’autre, Abdallah s’en est allé écoutant plusieurs histoires et surtout assistant à des situations pénibles. C’est le mois de Mouharram du calendrier lunaire... un mois où Dieu le Très-Haut, a interdit les guerres et les batailles. Mais malgré cette interdiction divine, Abdallah a été témoin de plusieurs combats. Ces paradoxes qui ont bouleversé ce jeune musulman n’ont fait que pousser Abdallah à poursuivre son chemin en quête de la réalité ; une réalité qui peut éclaircir son esprit et orienter sa foi vers le bon chemin. Des jours et des nuits passés dans le désert... pour arriver enfin à Kerbala, le jour de l’Achoura et assister à des scènes très douloureuses... Abdallah a vu des gens déchirés en morceaux par les coups d’épée et des lances, des feux qui dévorent les tentes. Abdallah a été confronté à cette voix qui l’a appelé, face à cette réalité amère qu’il a cherchée pendant longtemps. Dans ce film, Bahram Baydhaîi et Chahram Asdi ont choisi de revisiter l’univers religieux en jetant quelques lumières sur la réalité de l’assassinat de l’Imam Husseïn. Sans entrer dans les détails et faire endosser la responsabilité à tel camp ou à tel parti, ce duo iranien a tissé ce film qui a été produit en 1994. A son premier film, Chahram Asdi semble trouver la bonne équation pour traiter d’un sujet très épineux sans choquer n’importe «qui»... * Bonne initiative mais... La semaine du cinéma iranien, organisée du 20 au 26 de ce mois, a été une aubaine pour les cinéphiles pour découvrir un grand cinéma qui a pu s’imposer à l’échelle internationale et rafler des prix dans les grands festivals comme Cannes, Berlin... Bonne initiative sauf que l’ambassade de la République Islamique d’Iran a choisi de projeter des copies des films (DVD) au lieu de nous gratifier des films originaux. Ce facteur a, parfois, touché à la lisibilité du film et à la netteté des voix. La deuxième remarque à faire concerne les films programmés qui sont dépassés par rapport à l’histoire du cinéma iranien et à l’évolution de l’expérience cinématographique dans ce pays. Nous aurions aimé voir des documentaires iraniens, un volet très développé, comme «Pilgrimage» ou «The infidels» de Bahman Kiarotami et d’autres réalisateurs de renom, projetés dans le cadre de cette semaine et, pourquoi pas, en présence des cinéastes pour pousser le débat et accorder à cette manifestation l’importance qu’elle mérite. Une table ronde sur le cinéma iranien en exil ou sur la présence de la femme iranienne dans le 7ème art aurait peut être crée l’événement ! A sa troisième édition, la semaine du cinéma iranien est invitée à sortir de ce cadre classique des projections des films pour lancer des débats qui peuvent vraiment répondre aux attentes des cinéphiles et aux objectifs des programmations. Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com