M. Ahmed Benghazi, DG de «Axis Conseil» au Quotidien : «La création d’un marché alternatif est primordiale»





Rencontré en marge de la Journée d’information sur la bourse et la mise à niveau industrielle, organisée mardi dernier à Tunis, M. Ahmed Benghazi, Directeur Général de la société «Axis Conseil», explique au Quotidien, les défaillances du Marché Financier tunisien, et propose des solutions pour y remédier. Interview. * Le Quotidien : Comment expliquez-vous l’hésitation continue des investisseurs tunisiens concernant le recours au Marché Financier et l’introduction en Bourse ? M. Ahmed Benghazi : C’est un peu compliqué. En effet, quand on a accès facilement au financement bancaire plus souple et moins exigeant, le recours au marché financier demeure de moins en moins nécessaire. A vrai dire, aujourd’hui, les entrepreneurs tunisiens sont de bons calculateurs et estiment que le recours au financement bancaire leur serait plus rentable et plus facile que celui au marché financier. C’est donc tout le système financier qui empêche, en quelque sorte, le développement du marché financier tunisien, et pas seulement les entrepreneurs et les investisseurs tunisiens. * Si on a bien compris, vous pensez que les banques tunisiennes sont impliquées dans la régression du marché financier ? Bien sûr, puisqu’elles acceptent et alimentent même ce nouveau déséquilibre financier. Les banques sont une partie prenante dans le développement du marché financier tunisien. Elles auraient pu encourager les entrepreneurs tunisiens et les inciter à recourir au marché financier, en devenant plus exigeantes en matière du financement de leurs investissements. En d’autres termes, les banques doivent favoriser l’évolution du marché financier, tout en continuant à financer l’économie tunisienne. * Ne croyez-vous pas que la nature des entreprises tunisiennes, dont la majorité sont des entreprises familiales, est un facteur qui limite la croissance du marché financier ? C’est vrai, puisque le recours au marché financier exige plus de transparence, alors que l’entreprise familiale est considérée comme un bien familial qui ne doit pas être ouvert au public. C’est d’ailleurs pour cette raison que les entrepreneurs tunisiens ont peut être, peur de la transparence, et refusent toujours les opérations de cession du capital, et encore moins de partenariat avec d’autres entreprises qu’elles soient tunisiennes ou étrangères. Cette mentalité doit changer. Aujourd’hui, une entreprise qui n’a pas de fonds propres, ne peut plus se développer, car l’endettement, à lui seul, ne fait qu’alimenter son déséquilibre financier. * Les récentes incitations apportées par la nouvelle loi des finances, pourraient-elles favoriser la croissance du marché financier ? Ce n’est plus une question d’incitations. C’est plutôt une culture qui doit changer. Les investisseurs tunisiens doivent être convaincus, que le renforcement de leurs fonds propres est le sel moyen pour assurer la croissance de leurs entreprises. * Vous avez évoqué la question de la nécessité de créer un deuxième marché financier. Pourquoi ? Aujourd’hui, le premier marché demeure très difficile pour l’accès des petites et moyennes entreprises. Il est réservé aux grandes entreprises qui possèdent des moyens financiers importants. Je pense, donc, que la création d’un marché alternatif est primordiale pour permettre aux PME de renforcer leurs fonds propres. En effet, je crois que ce n’est pas par la bourse qu’on va régler la question des fonds propres de l’entreprise. C’est plutôt, à travers d’autres sources de financement tels que les SICAR et les SICAV... qu’on pourrait atteindre cet objectif, d’où la nécessité de créer un deuxième marché. Propos recueillis par Mohamed ZGHAL


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com