Pourparlers sur le nucléaire iranien : Mission impossible… ou presque





A cinq jours d'une décision-clé sur la réponse du monde aux activités nucléaires de Téhéran, Iraniens et Russes tentaient hier à Moscou d'éviter d'en arriver aux sanctions internationales, mission presque impossible vu l'intransigeance de Téhéran. Le Quotidien-Agences La partie iranienne a multiplié, depuis le début des négociations avec Moscou le 20 février, des déclarations encourageantes sur une "base commune" ou un "accord de principe" concernant la création d'une entreprise russo-iranienne pour l'enrichissement en Russie de l'uranium destiné à Téhéran. Mais elle refuse fermement un moratoire sur l'enrichissement d'uranium sur son territoire, point sur lequel la partie russe n'est pas prête à transiger. Dès son arrivée à Moscou, le négociateur iranien Ali Larijani a confirmé cette position, refusant de faire du moratoire sur l'enrichissement d'uranium une condition au règlement du problème. "Un moratoire est nécessaire quand il y a un danger, mais toutes nos activités sont transparentes", a ajouté le négociateur iranien, affirmant que son pays acceptait les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), "les inspections internationales conformes à la loi". En exigeant le moratoire sur l'enrichissement d'uranium en Iran, Moscou est sur la même longueur d'ondes que Washington qui, sans participer aux pourparlers, y joue un rôle déterminant par sa volonté d'empêcher Téhéran de se doter d'une bombe atomique, hypothèse américaine que les démentis iraniens n'arrivent pas à ébranler. Les pourparlers russo-iraniens sont destinés à permettre l'enrichissement en Russie de l'uranium pour la centrale iranienne de Bouchehr construite par les Russes, en empêchant Téhéran de développer une technologie pouvant fournir la matière fissile pour une bombe. S'ils n'aboutissent pas, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui doit se réunir le 6 mars, devrait transmettre le dossier iranien au Conseil de sécurité lequel, se basant sur le traité de non prolifération, pourrait prendre des sanctions contre l'Iran. Pour les médias russes les plus pessimistes, ce serait un feu vert pour des frappes militaires américaines contre les installations nucléaires iraniennes. La délégation iranienne est dirigée par Larijani, chef du Conseil suprême iranien de la sécurité nationale, accompagné du vice-président iranien et chef du secteur nucléaire Gholam Reza Aghazadeh. Elle devait rencontrer l'homologue russe de Larijani, Igor Ivanov. Evoquant les pourparlers, la presse russe était partagée hier sur leurs chances de succès. Selon le quotidien Rossiïskaïa Gazeta, organe gouvernemental au ton libre, "Téhéran n'utilise les négociations avec Moscou que pour couvrir ses ambitions nucléaires", et pour la Russie, son "succès diplomatique risque de se transformer en affaire désagréable".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com