Sur fond de chaos sécuritaire en Irak : Kurdes et Sunnites s’unissent contre Jaâfari





Kurdes et Sunnites ont lancé une offensive contre le Premier ministre Ibrahim Jaâfari. Un nouvel épisode du tiraillement politique en Irak alors que les attaques se poursuivent sur le terrain faisant une quarantaine de morts en 24 heures. Le Quotidien-Agences Les Kurdes et les Sunnites ont lancé hier une offensive pour empêcher l'actuel Premier ministre Ibrahim Jaâfari d'être reconduit dans ses fonctions. «Les groupes kurdes et sunnites pensent que (Jaâfari) n'est pas la personne appropriée et ils ne peuvent pas former un cabinet avec lui car il n'adopte pas une position neutre», a affirmé hier le député kurde Mahmoud Osmane. En février, Ibrahim Jaâfari avait été choisi pour ce poste par les chiîtes conservateurs de l'Alliance unifiée irakienne qui avaient obtenu 128 sièges sur 275 lors des élections de décembre. Selon la Constitution, le chef de l'Etat doit désigner au sein du groupe parlementaire prépondérant le Premier ministre. Mais ce choix est désormais rejeté par des groupes parlementaires: l'Alliance kurde (53 sièges), le Front de la Concorde sunnite (44 sièges) et la liste de l'ancien Premier ministre chiîte Iyad Allaoui (25 sièges). «Les listes kurdes, sunnites et celle d'Allaoui vont demander à la liste chiîte de revoir son choix. Le Premier ministre doit être accepté de tous. Ils (les kurdes, les sunnites et Allaoui) ont décidé d'en parler avec les chiîtes dans les prochains jours», a-t-il ajouté. Il a indiqué que ces groupes considéraient qu'Ibrahim Jaâfari avait échoué dans sa tâche l'an dernier et «ils pensent que l'expérience avec lui n'a pas été bonne et qu'il pourrait y avoir les mêmes problèmes à l'avenir». Un des dirigeants du Parti islamique et député du Front de la Concorde, Alaa Makki, a affirmé pour sa part que son groupe avait toujours «exprimé son opposition à ce gouvernement, et demandé sa démission et le changement du ministre de l'Intérieur». * Série d’attaques Alors que les politiques se déchiraient sur le terrain, trente-deux personnes ont été tuées et plus de trente blessées hier dans des attaques en Irak, dont 11 morts et 26 blessés à Bagdad où le convoi d'un chef sunnite a été pris pour cible, selon des sources sécuritaires. A Bagdad, cinq personnes ont été tuées et huit blessées dans l'explosion d'une bombe dans un minibus dans le quartier populeux chiîte de Sadr City. Selon des témoins, la bombe a pulvérisé l'arrière du véhicule et deux corps ont été projetés à dix mètres. Un garde du corps du chef sunnite irakien Adnane al-Doulaïmi a été tué et cinq autres ont été blessés dans un attentat contre son convoi à Ghazaliyah, un quartier de l'ouest de la capitale, selon son porte-parole. Adnane al-Doulaïmi, chef de la liste du Front de la Concorde (44 députés), revenait d'Abou Ghraib après une visite de condoléances au domicile du chef du Comité des oulémas musulmans (sunnite), cheikh Hareth al-Dari. Deux autres attaques à la bombe ont tué cinq personnes dont un commando de police, et blessé treize autres. Quatre ont été tuées et onze blessées, en majorité des femmes venues faire leur course, dans l'explosion d'une bombe sur un marché de Zaafaraniyah, dans le sud-est de Bagdad. Un commando de police a été tué et deux autres ont été blessés dans l'explosion d'une bombe au passage de leur patrouille, dans le quartier al-Jihad, dans l'ouest de la capitale, a-t-on ajouté. Quatre policiers et sept soldats, qui se trouvaient en faction à un point de contrôle au nord de Dour (150 km au nord de Bagdad), ont été tués et trois voitures de la police incendiées lorsqu'une vingtaine d'hommes armés ont attaqué leur poste à l'aube, selon la police locale. A Khalès (85 km au nord de Bagdad), un interprète et son chauffeur ont été tués et son fils blessé par l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule, selon la police de la province de Diyala. Un officier de police a été abattu devant son domicile par des hommes armés au centre de Baaqouba et quatre civils ont été blessés par des tirs d'inconnus à l'est de cette ville située à 60 km au nord de la capitale. A Mossoul (370 km au nord de Bagdad), des hommes armés ont tiré sur une voiture transportant quatre policiers en civil qui venaient de sortir de l'académie de police, les tuant net dans le centre de la ville. Dans le sud de l'Irak, un muezzin d'une mosquée sunnite a été tué à 5 km au sud-est de Bassorah et un homme et une femme ont été trouvés morts, à 20 km de cette ville.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com