Les jeunes et l’image de soi : Ils cohabitent facilement avec leur… corps





Il est difficile de se sentir bien dans sa peau face à ces images véhiculées par les médias. Nombre d’adolescents trouvent qu’un corps idéal ne doit comprendre aucun millimètre de graisse. D’autres trouvent qu’un beau corps doit comprendre des rondeurs. Et entre les uns et les autres, certains jugent un corps parfait celui qui est bien galbé et bien musclé. Les jeunes vivent-ils en paix avec leur corps ou sont-ils au contraire hantés par la beauté du corps? Il y a quelques années, la beauté du corps était véhiculée à travers les top models occidentaux. Crawford, Kate Moss et Victoria Beckham figuraient en tête de liste des idoles. Or, nombre de stars féminines souffraient de problèmes anorexiques. Une maladie qui s’explique par l’obsession de garder la ligne. Cette mode de maigreur envahissait les supports médiatiques. Une tendance qui a causé de nombreux malaises chez les jeunes qui sont accros à la mode. De nos jours, la tendance semble changer. De nouvelles stars montent dans les cieux arabes. C’est Haïfa, Nancy, Wael… qui volent la vedette. Dès lors, les normes de la beauté ont changé. Les filles rêvent d’avoir une taille fine tout en jouissant de formes potelées et de rondeurs généreuses. Quant aux garçons, c’est d’un corps développé et musclé dont ils rêvent. Cela dit, certains “cohabitent” difficilement avec leur corps. Ils se plient en quatre pour ôter quelques kilos en trop ou encore en rajouter quelques-uns. Cyrine, 19 ans, a déjà été anorexique. Et bien qu’à présent, elle retrouve son poids normal, la jeune fille garde des séquelles. “Lorsque j’avais 15 ans, j’étais carrément obèse. Je pesais 70 kg pour une taille d’1m58. J’avais l’air moche et trapue. J’ai essayé plusieurs régimes mais je ne perdais pas du poids. J’ai donc décidé d’arrêter de manger. Durant deux ans, je me contentais d’un pot de yaourt le matin, une salade sans huile, ni fromage ni épices à midi et une pomme au dîner. Au bout de quelques mois, je commençais à perdre du poids sans cesse. Mes parents étaient contre. Ils trouvaient que je me torturais. Ma mère essayait de m’imposer des plats équilibrés. Je n’arrivais plus à manger. On m’a alors emmenée chez un nutritionniste. Il a dit que j’avais des troubles alimentaires. J’ai vécu avec un mal-être persistant et la restriction des aliments me poussait à vomir. Je ne me sentais bien que lorsque mon ventre est vide. J’ai été suivie par un psychiatre et heureusement je suis arrivée à m’en sortir. A 16 ans je pesais 42 kilos et actuellement, j’ai 52 kilos pour 1m61. Mais il m’arrive d’avoir des malaises surtout que le fait de manger n’est plus un plaisir pour moi”, confie-t-elle. Tout comme Cyrine, Hend, 17 ans, ne cohabite pas facilement avec son corps. N’étant ni anorexique ni boulimique, la jeune fille se contente de suivre un régime strict pour être à l’image des belles filles qu’elle voit à la télé. “Je ne dirai pas que le fait de voir des filles parfaitement conçues me donne des complexes, mais sans le vouloir je me mets à me comparer par rapport à elles. Je sais que j’ai des kilos superflus et contrairement à mes copines, il suffit que je grignote un peu pour que je prenne du poids. J’aime manger parce que c’est l’un des plaisirs de la vie, mais je suis contrainte de me priver des aliments que j’aime le plus pour ne pas grossir davantage. C’est une souffrance que de ne pas s’apprécier lorsqu’on se regarde dans la glace, surtout si d’autres gardent la ligne sans se priver de quoi que ce soit”, dit-elle. Marwa, 17 ans, se sent parfaitement bien dans sa peau. “Je ne me prive de rien. Je mange tout ce dont j’ai envie et je n’ai jamais pensé au poids. Je me sens parfaitement bien dans mon corps. Je suis svelte et sportive et je ne compte ni perdre ni prendre du poids. Certes certains trouvent les filles rondes plus sensuelles, mais moi je pense que je dois être aimée telle que je suis. D’ailleurs si on aime quelqu’un, on doit l’aimer avec ses qualités et ses défauts. En outre, si les autres jugent le manque de rondeur comme un défaut, moi je pense le contraire. Raison pour laquelle je vis en paix avec mon corps”, dit-elle. Mohamed, 24 ans, étudiant, n’a aucun complexe. Il a une image positive de soi. “Je me sens bien tel que je suis. Je mange bien, je fais de la musculation et tout ce que je fais, c’est par plaisir. Je ne me suis jamais comparé à d’autres et je ne souffre d’aucun complexe. Dieu dote chacun d’entre nous de quelques atouts et c’est à la personne de les mettre en valeur. Je n’ai jamais été influencé par quelqu’un et je n’aime pas ressembler à qui que ce soit”, dit-il. Hichem, 21 ans, étudiant “cohabite” facilement avec son corps. Le jeune homme ne veut pas être à l’image de quelqu’un d’autre. “A mon sens, chacun doit s’accepter sinon il risque de souffrir. Il y a des êtres beaux et d'autres qui sont moins beaux. Dieu en a décidé ainsi et personne ne peut rien y changer s’il est croyant. La chirurgie plastique et esthétique dénaturent l’être humain. Moi, je m’accepte et je mise beaucoup plus sur la beauté intérieure que celle qui se reflète dans une glace”, dit-il. Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com