Lutte contre le Sida : La solidarité africaine à l’épreuve





“Le panafricanisme reste le dernier front de lutte pour le continent africain s’il espère toujours vaincre les fléaux qui le frappent, particulièrement le VIH Sida”, a déclaré hier, Dr. Kenneth Kaunda, ancien président de la Zambie lors d’une conférence consacrée au sujet du Sida en Afrique et organisée par la Banque africaine de Développement (BAD). Une conférence durant laquelle Dr. Kaunda a exprimé ses peurs et ses espoirs à propos du Sida. Tunis-Le Quotidien En dépit des sentiments de solidarité partagée exprimés à mainte reprises par les pays les plus riches de la planète et les grands bailleurs de fonds internationaux, le continent noir frappé par de nombreux fléaux meurtriers, risque de ne pas voir le bout du tunnel d’ici la fin de la décennie en cours. Les peurs et les craintes ne cessent en fait de s’intensifier face à l’état déplorable de plusieurs pays de l’Afrique australe ravagés par la pandémie du VIH Sida qui fait chaque année des millions de morts parmi les populations de la Zambie, le Mozambique, le Botswana, la Tanzanie et le Kenya… “La BAD qui œuvre depuis quatre décennies aujourd’hui s’est fixée, dès sa création, un but avant-gardiste, celui d’aider à la construction du continent africain. Mais sa contribution ne doit pas se limiter au développement matériel des pays à travers l’infrastructure économique. Elle doit participer aujourd’hui à la construction du capital humain. L’individu est la vraie richesse de notre continent”, a déclaré hier en substance Dr. Kenneth Kaunda dans son discours prononcé à l’occasion de la tenue du 1er séminaire de 2006 de la BAD réservé aux orateurs éminents invités pour débattre de la question de la maladie du Sida en Afrique. Dr. Kenneth Kaunda, qui a été le premier chef d’Etat à prendre le pouvoir après l’indépendance de son pays, la Zambie, est en fait le fondateur de la “Fondation Kenneth Kaunda” qui œuvre depuis 2000 dans la lutte contre la croissance du virus du Sida dans la région de l’Afrique australe. Après la présentation du discours de l’ancien président zambien et de l’allocution de M. Donald Kaberuka, président de la BAD, les conférenciers ont débattu le thème fort éloquent de cette rencontre: “La pandémie VIH Sida: Mes craintes et mes espoirs”. Le principal handicap auquel se heurtent les pays touchés par le fléau du Sida est l’absence des médicaments antiretroviraux qui demeurent monopolisés par les pays développés et qui aggrave encore la situation. D’après Dr. Kaunda: “Les producteurs de ces médicaments ont des buts lucratifs malgré qu’ils prétendent vouloir nous aider”. Et d’ajouter: “à l’exception de l’Inde et du Brésil qui produisent les antiretroviraux, les pays du tiers monde restent dépendants aux industriels pharmaceutiques des pays occidentaux”. Ayant toujours gardé son âme d’ancien combattant contre le colonialisme, l’ancien président de la Zambie estime que les pays africains ne doivent jamais perdre l’esprit du panafricanisme “c’est notre seule arme qui nous reste pour continuer notre lutte contre les menaces qui nous entourent et particulièrement le Sida”, a-t-il déclaré. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com