A trois jours d’une réunion cruciale de l’AIEA : L’UE sceptique, Téhéran optimiste





Allemagne, France et Grande-Bretagne n'ont pas réussi hier à trouver un accord avec l'Iran sur son dossier nucléaire, ce qui risque de conduire à un durcissement des Occidentaux dès lundi à l'AIEA, mais Téhéran croit toujours à la poursuite de négociations avec l'UE. Le Quotidien-Agences Constatant l'échec de discussions de dernière minute à Vienne avec le négociateur en chef iranien Ali Larijani, les ministres français et allemand des Affaires étrangères n'ont pourtant pas fermé la porte à de nouveaux contacts si l'Iran suspendait l'enrichissement de l'uranium. "Les conversations ont été constructives mais n'ont pas permis d'accord" et "le temps presse", a déclaré le ministre allemand Frank-Walter Steinmeier à la presse après une rencontre de près de deux heures à la résidence de l'ambassade d'Allemagne. Son homologue français Philippe Douste-Blazy a également regretté que "l'Iran ne soit pas prêt aujourd'hui à répondre aux demandes de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)". Les positions divergent donc toujours entre les Occidentaux qui réclament l'arrêt des activités d'enrichissement d'uranium reprises en janvier, car potentiellement militaires, et Téhéran qui insiste sur ce droit pour son énergie civile. "Ces demandes sont très explicites dans le rapport" du directeur de l'AIEA Mohamed ElBaradei "que le Conseil de sécurité va examiner dans les prochains jours", a poursuivi Douste-Blazy. "Malheureusement il n'y a pas eu d'accord sur l'arrêt d'enrichissement que ce soit sur le plan industriel ou que ce soit en terme de recherche et développement. Je le regrette", a déclaré le chef de la diplomatie française. Selon lui, il s'agit d'"un problème de confiance (...) qui ne porte pas atteinte au développement de l'Iran". "A l'inverse, si l'Iran répond positivement aux demandes de la communauté internationale, nous serions prêt à engager avec lui une coopération ambitieuse y compris dans le domaine du nucleaire civil", a souligné le ministre. "Il s'agit de la condition nécessaire pour qu'on puisse se parler tranquillement", a noté son collègue allemand. * Porte ouverte Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA se réunit à partir de lundi à Vienne, alors que Téhéran est soupçonné par les Occidentaux de cacher des ambitions militaires derrière un programme nucléaire civil. L'exécutif de l'Agence - où les grandes puissances, UE-3, Etats-Unis, Russie, Chine, ont fini par s'entendre - avait déjà "fait rapport" le 4 février au Conseil de sécurité de l'Onu, mais s'était donné jusqu'au 6 mars avant de recommander que des mesures soient éventuellement prises à New York. Le directeur général du Foreign Office John Sawers, remplaçant le chef de la diplomatie britannique Jack Straw, malade, et le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, Javier Solana, ont aussi laissé la porte ouverte au dialogue aux mêmes conditions après le 6 mars. Pourtant les Iraniens ont affiché après la rencontre un optimisme sur la poursuite de négociations avec l'UE-3. "Compte tenu de l'atmosphère des négociations, les discussions vont probablement se poursuivre au plus haut niveau dans le cadre convenu", a déclaré un responsable iranien. Il a aussi fait référence aux pourparlers à Moscou sur un projet russe de compromis pour l'enrichissement de l'uranium iranien: "dans les négociations d'hier (jeudi) à Moscou, l'Iran et la Russie se sont mis d'accord sur un un accord total sur un paquet qui comprend toutes les demandes de la communauté internationale. Ils ont également convenu de mener des discussions avec les autres parties, notamment l'UE-3", a-t-il dit. Cette information, qui représente une avancée majeure dans ce dossier, ,’a toutefois pas été confirmé par Moscou. Les Etats-Unis ont soutenu jeudi "sans illusions" la rencontre de Vienne. "L'Iran va-t-il suspendre l'enrichissement, revenir aux négociations? Ou l'Iran va-t-il poursuivre ce que nous considérons comme un blocage, des mensonges et des tentatives de gagner du temps pour éviter des sanctions", a déclaré un porte-parole du département d'Etat, Adam Ereli.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com