Exposition : De l’art au temps de la créativité morte





Mohamed Bouchoucha est une personne honnête avant d’être artiste émérite. Il l’est vraiment depuis que l’art n’est plus art, par ces temps où seuls la notoriété et le confort matériel comptent. Mohamed Bouchoucha et la jeune Doha Ben Alia exposent “Conflit” à Bir Lahjar. Pour Bouchoucha l’art est objet de vénération. On voit de moins en moins en fait des artistes comme lui sans l’intention de vendre à des centaines de dinars une œuvre, en restant malgré tout, fidèles à leurs principes même si parfois ils se retrouvent dans le besoin. Mohamed Bouchoucha est dans l’art depuis belle lurette. car il est né et élevé dans un cadre familial où la mère était une femme instruite et cultivée et le père artisan travaillant sur la pierre. L’artiste, est natif de Dar Chaâbane El Fehri, une belle région du Cap-Bon où la générosité d’esprit et de cœur de ses habitants rendent leur compagnie agréable à vivre. C’est à “Houmet Kouata” (l’impasse Kouata) qu’il a vécu, un quartier habité par les intellectuels de la région. Ainsi étant Mohamed Bouchoucha s’est retrouvé depuis la tendre enfance entouré de l’aura des connaissances et de la culture qui ont fait de lui ce qu’il est actuellement: un artiste à la bourse vide mais à la tête bien pleine d’idées. Chose qui a fait rapprocher de lui des artistes et des personnes qui ont découvert chez lui ce trait de caractère rare. On en cite Aly Ben Salem. Nour Cherif et Nabil Zaouali, le directeur de la Maison de la culture de Dar Chaâbane El Fehri. Le premier l’a poussé à exposer en 1994 en intitulant sa création “Nouvel art”. Le second est devenu son ami dans l’art. Le troisième lui a donné la possibilité de créer en mettant à sa disposition un atelier à la maison de la culture qu’il dirige, lui offrant parfois le matériel du travail. Il faut dire que Mohamed Bouchoucha prend son temps pour créer. Au début il a fait des œuvres à base de smart, un art qui ressemble à celui de la mosaïque mais n’a pas la même technique… Celle-ci est propre à lui. Il crée ainsi entre autres des reproductions de “La joconde”, “A l’intérieur du restaurant” de Van Gogh: des œuvres qui le retiennent 14 heures de travail par jour pendant des mois… A Bir Lahjar, aidé de la jeune Doha Ben Alia il expose “Conflit” où il travaille sur des déchets de matériaux, a créé des couleurs originales pour en faire des sculptures portant son cachet. “Siraâ” (Conflit) renvoie à l’enchevêtrement des sentiments et du désarroi qui s’en prennent de l’être humain. N’hésitez pas à vous rendre à Bir Lahjar, ce beau lieu enclavé au cœur de la Médina. Là-bas vous découvrirez l’artiste, qui de toutes les personnes de sa spécialité, se réserve bien une trempe particulière. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com