Après le terrible accident survenu sur le GP9 : Des réactions et des interrogations





Cinq, dix voire même vingt et trente morts. Voilà ce que disaient les gens hier un peu partout à Tunis. En l’absence d’un bilan officiel, la rumeur et les spéculations battaient leur plein aux quatre coins de la capitale à propos du terrible accident de la circulation qui s’est produit avant-hier sur le GP9. Il est à rappeler que les journaux parus hier matin faisaient état de cinq morts et plusieurs blessés sans, toutefois, donner aucune précision sur les causes de cet accident… Tunis-le Quotidien Encore une fois, le GP9; cet important parcours qui dessert la banlieue nord de la capitale a été le théâtre d’un nouveau drame de la route. Encore une fois, également, c’est un bus qui est à l’origine d’un accident de la route. Seulement cette fois-ci, les dégâts sont très importants. Les gens en voyant les épaves des véhicules accidentés ont commencé à spéculer au point d’avancer des chiffres fantaisistes. Néanmoins, le bilan officiel est celui donné ultérieurement à savoir cinq morts et six blessés. L’accident est dû, selon une source officielle, à la crevaison d’un pneu d’une voiture de tourisme, de marque Clio dont le conducteur a perdu le contrôle de son véhicule avant d’entrer en collision avec un autocar appartenant à la société de transport privé TCV. Le minibus assurait une desserte entre la Marsa et Tunis. Le conducteur du minibus a, à son tour, perdu le contrôle de son véhicule lequel a fait plusieurs tonneaux avant d’échouer sur le bas-côté. Entre-temps, l’autocar a écrasé plusieurs voitures roulant dans les deux sens. Ce drame, rappelons-le, s’est produit quelques minutes avant dix-neuf heures entre Carrefour et Aïn Zaghouan. Il faut dire que les réactions se sont succédé à l’annonce de ce drame surtout du côté de l’homme de la rue. Ici et là des voix se sont élevées pour dénoncer l’excès de vitesse d’une bonne partie des conducteurs dans les zones urbaines. Les premiers à être mis à l’index sont les conducteurs des bus appartenant aux sociétés privées. A croire Melle Zohra Ben Aïcha, il s’agit de véritables courses poursuite auxquelles se livrent tous les jours ces chauffeurs de bus. Et Melle Zohra d’ajouter: Parfois, je m’imagine dans une bolide et non pas dans bus. Ca roule à 100, voire 120 à l’heure. M. Abderrahmane, que nous avons croisé à l’Avenue J. Jaurès à Tunis, nous a déclaré que cette grande artère de la capitale est utilisée par des dizaines de bus appartenant à différentes sociétés de transport. M. Abderrahmane est stupéfait: “A plusieurs reprises, j’ai failli être écrasé par l’un de ces bus. Les conducteurs n’hésitent pas à appuyer sur l’accélérateur alors que nous sommes en pleine zone urbaine où, à ma connaissance, la vitesse est limitée à cinquante kilomètres à l’heure”. Et lorsqu'on a interrogé notre interlocuteur sur les causes de ces “écarts de conduite”, M. Abderrahmane n’a pas mâché ses mots: “Les responsables de ces sociétés recrutent des conducteurs de plus en plus jeunes qui n’ont aucune expérience. En plus, ils sont si excités qu’ils n’hésitent pas à entreprendre des manœuvres très dangereuses exposant la vie de leurs passagers et des piétons à un grand danger”. * Faire vite mais pas bien Depuis, sur le marché du transport de passagers, tout le monde a remarqué que les sociétés privées allaient grignoter une partie du marché occupé jusque là par les taxis. Donc, il fallait faire vite, c’est-à-dire réduire la durée des dessertes. Bien évidemment, cela implique qu’il faut rouler vite. Du coup, le comportement de ces conducteurs engagés par ces sociétés s’est démarqué de leurs collègues des sociétés publiques qui incarnent, toujours aux yeux des passagers, la sagesse et l’expérience. Mme Jamila Larbi se rappelle de la belle époque: “Avant, on montait à bord des bus tout en étant sûrs que nous arriverons sains et saufs à destination. Maintenant, il faut vraiment attacher ses ceintures car ça risque de dégénérer surtout si le bus est conduit par l’un de ces jeunes qui, pour admirer la silhouette d’une jeune fille, appuient sur le champignon comme pour leur montrer leurs talents. Ils sont vraiment trop portés sur la vitesse”. N’empêche qu’il est injuste de faire porter le chapeau aux conducteurs des bus. Tout le monde est impliqué dans cette épineuse question d’excès de vitesse. Les professionnels de la route comme les particuliers sont concernés d’autant que le parc automobile s’est rajeuni en Tunisie. En d’autres termes, les voitures dernier cri qui roulent sur nos routes sont d'une technologie qui encourage à rouler très vite. Ajoutons à cela, l’absence d’une culture de la route et vous aurez de quoi rendre les routes en un véritable circuit de F1. Au final, des vies humaines qui partent en fumée et une hémorragie de devises… * Habib MISSAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com