«Femmes, Guerres et Créations» : Eve dans les fers





Des artistes femmes ayant été victimes de la guerre seront du 8 au 18 mars à El Teatro de Tunis. Pour condamner à leur façon la barbarie humaine et célébrer par la même occasion La Journée Internationale de la Femme. Il y a à peine un mois. El Teatro a organisé la troisième session d’ “Avant Première”, une manifestation qui promouvait les jeunes créateurs dans le 4ème Art. Pour la Journée Internationale de la Femme, l’espace a prévu un programme conséquent sur le thème : “Femmes, Guerres et Créations”, qui mettra sous la loupe quelques extraits de la création féminine dans la culture et les arts. “Nous avons choisi des artistes vivant actuellement dans un pays en guerre ou venant de sortir des griffes de la colonisation”, nous a dit Zeïneb Farhat la co-gérante d’El Teatro et organisatrice de la manifestation, en guise d’ouverture de la conférence de presse qu’elle a donnée avant-hier dans son espace. Il y aura donc des femmes de l’Irak et de la Palestine. Mais aussi d’autres du Liban et d’Algérie qui ont connu l’atrocité de la guerre civile et gardent sur leur corps et dans leur tête des cicatrices indélébiles. Le Koweït, ne sera pas non plus exclu. Car, il y a eu une guerre et des victimes. N’y aura-t-il pas des artistes de l’Iran et du Soudan? Réponse de la conférencière “Notre thème est axé sur les pays arabes. Quant au Soudan, j’aurais bien aimé inviter Taïeb Salah ou encore Taïeb Zarrouk, deux hommes qui, par leur art, me fascinent et me touchent. Mais il m’est très difficile dans ce pays divisé entre un Nord islamique et un Sud chrétien d’avoir des témoignages d’hommes ou de femmes. N’empêche, que je ne baisse pas encore les bras. Je ne cesse de multiplier les contacts avec les troupes humanitaires de la Croix Rouge Internationale. Seul accès dans ce pays. Mais, pour le moment, ils ont d’autres priorités dans l’alimentaire et les soins”. El Teatro sera donc rythmé, dix jours durant, avec de l’art engagé et de la créativité de femmes. L’ouverture sera, outre l’exposition “Photos de femmes, victimes de guerre” à la galerie Aire Libre, filmique, avec une projection en simultané sur trois écrans. Des images désarmantes, en 3 DVD et trois langues où “Les artistes contre la guerre” donnent libre cours à leurs émotions pour condamner en 60 minutes toute sorte de confit sanglant. Et sans exception et peu importe les causes. Car ils mettent en avant, les conséquences néfastes pour l’humanité, (destructions, épidémies ...). Le lendemain 9, il y aura du théâtre avec “Donne-moi un bout” de Aïda Sabra du Liban. Le vendredi 10, encore avec du théâtre. Mais cette fois-ci de l’Algérie. Sonia présente “Jusqu’au bout” en première mondiale. La scène sera confiée, le 11 mars, à Raja Ben Ammar, qui, à partir de son regard tunisien nous rendra compte dans “Hawa Watani” des blessures et des catastrophes de la guerre. Les mardi et mercredi, 14 et 15 mars, ce sont les ateliers de gestion culturelle. Un programme avec les étudiants de l’ISAD pour les initier sur des projets et leur donner l’abc de toutes les étapes avant de monter et mettre en forme leurs idées. Suivra une soirée poétique le jeudi 16 mars avec Haïfa Zangana (à qui El Teatro rendra un hommage), Rana Yassine de l’Irak et autres Fatma Eali du Koweït. La musique sera aussi au menu du vendredi 17 mars. Avec “Wameedh” (lueur), chant et composition, de Kamilia Jebrane (Palestine) et Werner Hasler (Suisse), les férus du chant militant seront bien servis. Des plateaux de danse contemporaine sont aussi programmés pour le samedi clôtural avec “Pur Hasard” de Nacira Beaaza (Algérie) et France, et “La fin n’est qu’un commencement” du duo Sameh Smida et Farès Fattan. A partir aussi de l’écriture de l’exil de Haïfa Zangana, une Irakienne, réfugiée à Londres, les Tunisiennes Malek Sebaï et Sondos Belhassen arrangeront le poème “A ma mère” tiré du recueil célèbre : “Derrière la Mémoire” une performance chorégraphique qui sera le bouquet final. Des générations différentes de femmes qui luttent et militent, armées seulement de leur plume et leur talent et qui déversent à flots leurs larmes et émotions. A chacune bien sûr son histoire. A chacune sa blessure. Mais toutes marquées au fer rouge. “Nous ne remercions jamais assez les ministères de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine et du Tourisme ainsi que nos partenaires notamment, CAWTAR, Fondation René Seydouk et autres Fondation suisse pour la culture et CICR (Comité international” de la Croix Rouge) de Tunis qui ont rendu possible cet événement”, a dit Zeïneb Farhat. Zohra ABID


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com