Les événements marquants dans la vie des jeunes : Les accidents, les maladies… les terrifient





La vie peut faire de cadeaux à certains. Il suffit d’un événement positif pour que toute la vie d’un individu bascule dans un autre sens. Cette vie peut en revanche se montrer moins généreuse et un tournant risque de bouleverser de fond en comble le cours de l’existence de quelqu’un. Quels sont, à cet effet, les événements qui ont marqué les jeunes ? Et comment vivent-ils le changement ? Tunis — Le Quotidien Généralement, l’adolescence est considérée comme une période de la vie où les troubles sont presque inévitables. Certes, une jeune personne élevée depuis la naissance dans une atmosphère saine a de fortes chances de franchir allégrement cette étape sans manifester de troubles ou d’instabilité, mais un événement négatif peut renverser de fond en comble cette stabilité et risque de léser cet être qui a besoin de voler de ses propres ailes. Or un incident peut laisser des séquelles tant physiques que morales et peut même changer radicalement ou momentanément la vie d’une jeune personne. En contrepartie, un événement heureux peut aussi avoir le même effet de changement et du jour au lendemain, le destin de la personne prend une autre tournure. Béchir Jelassi, 16 ans, n’a pas vécu d’événements très marquants. La vie de Béchir a connu une petite secousse lorsqu’il a perdu sa grand-mère maternelle, ensuite tout est rentré dans l’ordre. «Je n’ai pas rencontré de problèmes majeurs, je ne me souviens pas non plus d’avoir vécu des moments heureux intenses qui sont aptes à changer le cours de ma vie. Cela dit, j’ai reçu un petit choc lorsque ma grand-mère est morte. J’étais trop attaché à elle et l’idée de la perdre à jamais m’était inconcevable. Toutefois, j’ai observé le deuil durant quelque temps, ensuite j’ai repris ma vie normalement», dit-il. Bilel Jelassi, 17 ans, a vécu avec toute sa famille un événement triste. Depuis, plus rien n’est pareil qu’avant. «Il y a une année et demie, mon frère aîné a retrouvé la mort. Il s’est noyé. Mes parents font toujours le deuil. Le fait de perdre un enfant à la fleur de l’âge est une chose vraiment dure à surmonter. Cela a bouleversé notre vie familiale. La tristesse, l’ambiance funèbre et la douleur caractérisent notre vie familiale depuis ce douloureux incident. En plus mes parents se sont mis à me «couver» davantage. Ils sont devenus tout le temps anxieux et il suffit que je sois un peu en retard pour qu’ils paniquent complètement. En contrepartie, je ne cache pas qu’ils me gâtent beaucoup plus qu’avant et qu’ils ne me refusent presque rien en dehors du fait de sortir et surtout d’aller à la plage, mais cela ne me rend pas heureux parce que je ne mène pas du tout une vie facile...», dit-il. Houssem Eddine Barhoumi, 17 ans, a eu un accident il y a quatre ans. Cela a affecté sa vie durant un bon bout de temps. «J’ai été percuté par un camion quand j’avais 13 ans. Cet accident m’a causé un traumatisme psychique et m’a laissé des séquelles au niveau de mon dos. Après une hospitalisation de deux semaines, je suis arrivé à me remettre sur pieds. Certes, j’étais presque rétabli, mais j’ai toujours des douleurs dorsales et je n’arrêtais pas de faire des cauchemars durant un long moment. C’était un choc terrible pour moi, je me rappelle cette scène sans cesse. Heureusement, avec le temps je suis arrivé à enterrer cette histoire et j’arrive à gérer ma vie tant bien que mal», dit-il. Aroua, 21 ans, étudiante, a aussi été profondément touchée par la mort d’une proche. Un événement qui a bouleversé sa vie familiale. «Il y a quelques années ma tante est décédée suite à une chute du deuxième étage. Elle n’avait que 18 ans. C’était un triste événement qui a affecté profondément ma mère. Elle a eu une dépression nerveuse. Par moment, elle n’arrivait plus à jouer comme il se doit son rôle de mère. Cela a rejailli négativement sur toute notre famille. Ma mère a arrêté de sourire jusqu’au jour où j’ai eu mon bac. Là, c’était le tournant positif pour toute la famille. Ma mère a pu sortir de son état et j’étais très heureuse à l’idée de lui avoir rendu le sourire. Petit à petit nous avons repris goût à la vie. Le fait de changer de statut m’a ouvert de nouveaux horizons et nous avons tous recommencé à vivre normalement», dit-elle. Fatma, 22 ans, étudiante, a vécu un triste événement lorsqu’elle avait 16 ans. Une année plus tard toute sa vie s’est transformée lorsque le nuage s’est estompé. «J’ai eu les rhumatismes à mes 16 ans. Cela m’a causé des complications et je ne pouvais plus marcher. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée face à un handicap qui n’avait pas l’air de partir pour bientôt. C’était atroce. Plus rien n’était comme avant. Cela m’affectait psychologiquement et par moment, j’ai cru que j’étais condamnée à vivre éternellement sur une chaise roulante. J’ai souffert, j’ai été déprimée et j’étais tout le temps triste. Une année durant, je vivais cette paralysie. Ma famille était solidaire avec moi. J’ai fait des séances de rééducation et à tout juste 17 ans, je me suis remise sur pieds... c’était un vrai tournant dans ma vie, non seulement j’ai repris ma vie, mais en plus, je ne rate plus aucune occasion pour faire la fête. Je me suis sentie comme un nouveau-né qui a toute la vie devant lui», dit-elle. Abir CHEMLI-OUESLATI


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com