Les jeunes et l’aide des parents : Ils ont hâte de voler de leurs propres ailes





Tunis - Le Quotidien Un nouveau-né s’accroche à sa maman même après la rupture du cordon ombilical. Normal, ce petit être a instinctivement besoin de sentir sa maman proche de lui. D'abord, pour se garantir le sentiment de protection et de sécurité. En plus, parce que c’est sa maman qui lui assure la nourriture. Tout en grandissant, l’enfant acquiert des facultés qui lu permettent d’agir seul de temps à autre. Il est capable de marcher, de parler, de s’exprimer et acquiert un ensemble de fonctions motrices qui assurent ses mouvements. Cette autonomie physique lui permet de compter sur lui-même pour assurer certaines activités quotidiennes. Cela dit, une jeune personne ne peut prétendre à une réelle autonomie tant qu’il n’a pas atteint une maturité morale et psychique. Toutefois, à l’âge de la jeunesse, la majorité veut s’affranchir de la tutelle et de la mainmise des parents. Ils se considèrent comme des êtres lucides et raisonnables à part entière. Ils rêvent de mener la barque de leur vie tous seuls et de décider de leur sort. Ce constant est-il vrai ? Les jeunes, ont-ils la faculté et les moyens de construire seuls leur avenir sans que les parents n’aient un droit de regard sur leur vie et surtout d’un coup de pouce de la part des géniteurs? Yassine, 17 ans, élève, sent qu’il est redevable de construire son avenir seul. «Ce n’est pas que je veux m’affranchir de leur tutelle, loin de là. Je sais que s’il n’y avait pas mes parents, j’aurais peut être pu être un vrai nullard. Mais, je pense que le rôle de nos parents est celui de nous assurer les moyens vitaux et capitaux pour se mettre sur le bon chemin. Grâce à eux, on se nourrit, on étudie... On vit quoi ! Je pense que jusque-là, ils ont pleinement joué leur rôle, ils ont été présents pour nous et c’est tout à leur honneur je pense que dès que j’aurais une arme qui me permet de faire seul mon chemin, je dois le faire. Je dois cravacher dur et essayer de construire ma vie tout seul. Il suffit que j’obtienne ma maîtrise et un revenu fixe pour que je ne leur demande plus rien. Certes, je serai heureux s’ils me proposent leur aide si je vais me marier, mais moi, je ne leur demanderai rien. Ils font tout pour moi et je ne peux pas demander davantage», dit-il. Tarak, 17 ans, élève, partage le même avis. «Mes parents ont construit seuls ce qu’ils ont acquis dans la vie et je ne peux pas me montrer aussi égoïste pour cueillir le fruit de leur labeur. Je suis contre le fait de harceler les parents pour qu’ils nous aident même après avoir décroché un emploi. C’est aberrant. Nombre de jeunes vont jusqu’à imposer que leurs parents vendent leurs biens pour qu’ils aient de quoi mener la belle vie, d’autres veulent s’installer avec leurs futures épouses dans la plus grande partie de la maison familiale et cela, est inconcevable. C’est comme si l’on mettait ses parents en quarantaine , c’est comme on leur fait croire qu’ils ont bien eu leur part de vie et que c’est à nous de vivre à leurs dépens, c’est injuste !. Il est vrai que j’accepterai volontier qu’ils me viennent en aide pour que je me marie, mais il faut qu’ils le fassent de bon cœur et sans aucune sorte de harcèlement», dit-il. Hanen, 19 ans, candidate au bac, n’a pas arrêté de réclamer une plus grande marge de liberté puisqu’elle juge être en âge qui lui permet d’être responsable et autonome. La jeune fille fera tout pour prouver qu’elle l’est réellement. «Je suis contre le fait de compter sur mes parents après avoir trouvé un travail. Au contraire, c’est à moi de venir à leur aide après tous les sacrifices qu’ils font pour nous, leurs enfants. Pour nous assurer une vie digne, les parents se privent de plusieurs choses. Je serai injuste et ingrate si, après avoir eu mon indépendance financière, je leur demande d’assurer mes frais ! Je ferai en sorte à ce que j’assume tout et toute seule» affirme-t-elle. Rania, 19 ans, est aussi contre le fait de demander de l’aide à ses parents une fois arrivée à un certain âge et un certain statut. «La vie est difficile. Déjà pour éduquer des enfants et subvenir à tous leurs besoins, ce n’est aucunement une partie de plaisir. Comment aurais-je l’audace de leur demander de m’aider si je ferai partie des personnes actives.? Cela dit, je pense qu’un couple doit s’entraider et faire preuve de frugalité. Homme et femme doivent mettre la main dans la main sans demander l’aide de leurs familles respectives. D’ailleurs, je suis contre le principe même si la famille est riche. Chacun doit essayer de construire seul et sentir qu’il est capable d’édifier à son tour», dit-elle. A.C.O


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com