Changements climatiques en Tunisie : Les indicateurs clignotent au jaune…





Une récente étude sur les changements climatiques en Tunisie tire la sonnette d’alarme sur la recrudescence de deux phénomènes extrêmes : la sécheresse et les inondations. Tunis — Le Quotidien La variabilité pluviométrique et la survenue des phénomènes extrêmes d’ordre hydro-météorologique constituent les principales caractéristiques du climat tunisien. C’est ce qui ressort d’une récente étude sur «les changements climatiques : effets sur l’économie tunisienne et stratégie d’adaptation pour le secteur agricole et les ressources naturelles» réalisée par le ministère de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques en collaboration avec la coopération technique allemande gtz. L’étude montre que le climat tunisien a été surtout marqué durant les cinquante dernières années par une plus grande fréquence de deux phénomènes extrêmes : la sécheresse et les inondations. 18 événements extrêmes ont été enregistrés au cours de la seconde moitié du siècle passé contre 12 pour la première moitié. Constat encore plus révélateur : une année sur trois on connaît une situation extrême sans que l’on puisse toutefois déceler de périodicité marquée, ni de fréquence cyclique manifeste. L’examen des phénomènes de sécheresse et d’abondance pluviométrique au cours des cinq dernières décennies permet de distinguer deux périodes. La première s’étale entre 1950 et 1975. Elle est notamment marquée par un léger refroidissement. La seconde période (1976 - 2004) est caractérisée, en revanche, par une plus forte variabilité des températures et un nombre plus important de phénomènes extrêmes. L’étude révèle également que le nombre des extrêmes absolus de température durant la période 1975 - 2000 représente trois fois celui des extrêmes observés durant la période 1950 - 1975. Ce sont surtout les inondations qui se sont avérées plus fréquentes. Toujours est-il que la sécheresse constitue un phénomène préoccupant et récurrent. Les années dites très sèches (déficit pluviométrique supérieur à 50%) sont rares au nord et plus fréquentes au centre et au sud. * Sécheresse hydrologique D’autre part, l’étude montre que les changements climatiques auront un impact important sur la disponibilité et la qualité de l’eau. L’augmentation de la température constitue un phénomène préoccupant pour la Tunisie dont le climat est semi-aride. C’est que de la sécheresse climatique découle la sécheresse hydrologique. Celle-ci se traduit par une réduction du volume d’eau collectée par les barrages, les lacs collinaires et autres ouvrages. Il en découle également une sécheresse hydrogéologique. Cette dernière s'observe par les tarissement des sources, des points et des forages artésiens. En Tunisie, les périodes de sécheresse ont une répercussion néfaste sur de nombreux paramètres garantissant le déroulement normal des campagnes agricoles. En témoignent les baisses de la valeur ajoutée agricole situées entre 3% et 5% entre 1994 et 1995. La deuxième phase de l’étude portera essentiellement sur les mesures écologiques et techniques de nature à réduire l’impact des changements climatiques sur l’économie tunisienne et en particulier sur le secteur agricole. Walid KHEFIFI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com