Tunis L’époux tue sa femme et le frangin endosse la responsabilité du crime





Reconnaître les faits n’est pas toujours suffisant pour inculper un suspect. C’est que tout au long de l’instruction, plusieurs surprises peuvent jaillir et remettre en question le fondement même de ces aveux. En témoigne cette affaire dont l’accusé est un “bon porteur de chapeaux” d’autant qu’il s’agit de meurtre ... Tunis - Le Quotidien Les voisins, partis depuis un bon moment dans un long et profond sommeil, ont été brusquement réveillés par les cris et les hurlements qui traversaient toute la rue transformant ce quartier résidentiel de la capitale en un véritable champ de bataille. Curiosité oblige, les gens sont sortis pour voir ce qui se passait. Le spectacle était des plus désolants : un jeune homme déchaîné tenant à la main un couteau couvert de sang alors que les membres de sa famille tentaient de le calmer et le neutraliser. Le jeune homme, à bout de force, se laissa tomber par terre et entra dans un état d’hystérie totale. On comprenait ce qu’il disait, mais on pouvait deviner qu’il venait de commettre “une chose” très grave. L’énigme commençait, tout de même à se dissiper lorsque de la porte de cette maison située au fond de la rue jaillissait le frère aîné du jeune homme. Il avança lentement vers son frangin. Il serra son corps contre le sien avant d’éclater en sanglots criant que son honneur a été lavé. La scène fut interrompue par l’arrivée des agents de l’ordre. Du véhicule descendit quelques hommes en uniforme. Ils se dirigeaient vers les deux frangins, les embarquèrent et prirent la direction du poste. Le lendemain, on a appris dans le quartier que le petit frère a reconnu les faits. Au passage, il a indiqué l’endroit où il a abandonné le corps de sa belle-sœur. Cela remonte à deux jours auparavant lorsqu’il invita la victime à prendre le café avec lui dans un bistrot de la capitale. Le suspect en a, alors profité pour interroger sa-belle-sœur sur les rumeurs qui circulent dans le quartier à propos de mauvaise conduite. N’ayant pas froid aux yeux, la victime a informé son beau-frère de ses intentions de divorcer d’avec son frère et se remarier avec un autre homme du quartier. Gardant son calme et maîtrisant bien sa colère le suspect a patienté le temps qu’ils quittent le café. Faisant semblant de respecter les choix de sa belle-sœur, le petit frangin lui a même demandé de l’accompagner pour faire un petit tour dans une forêt avoisinante à leur quartier. Une fois entre les arbres, il tira un couteau et asséna plusieurs coups à la victime. Après s’être assuré qu’elle était bel et bien morte, le suspect a quitté les lieux ne rentrant chez lui qu’à une heure tardive. Dans un état d’ébriété totale, le frangin s’est mis à crier à qui voulait bien l’entendre qu’il venait de laver l’honneur de la famille en tuant sa belle-sœur par qui le scandale est arrivé. Les événements auraient pu en rester là. Seulement, un élément d’une importance capitale est venu semer le doute dans les déclarations du premier suspect. Les enquêteurs en interrogeant l’époux de la victime, ont découvert que ce dernier n’avait pas réussi à révéler exactement l’endroit où il se trouvait au moments des faits. Il fut alors soumis à un deuxième interrogatoire. Les enquêteurs l’ont confronté à plusieurs contradictions qui ont caractérisé les déclarations du premier suspect. Peu à peu l’étau s’est resserré autour de l’époux qui s’est effondré en avouant les faits. Il a déclaré avoir tué, sa femme après avoir découvert qu’elle le trompait avec l’un des voisins. En parlant à son petit frère, tous les deux se sont mis d’accord sur un plan qui consiste à disculper l’époux. Car le petit frangin était prêt à porter le chapeau. C’est que l’époux devait rester libre pour s’occuper de l’éducation de ses enfants. Le dossier de cette affaire a été remis entre les mains de la justice qui devrait statuer prochainement sur le sort des deux frangins. H. Missaoui


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com