Festival de la guitare : Les pros de l’impro





La soirée d’avant-hier était loin d’être du remplissage. Entre le world et le blues, notre cœur n’a pas cessé une seconde de balancer. Mais derrière la scène, les mythes et les émotions, se cache une fresque de surprises. Hélas! 18h30. Le théâtre municipal de Tunis qui abrite la 3ème édition du festival méditerranéen de la guitare (du 20 au 26 mars) a été à moitié plein ou plutôt à moitié vide. Et pour cause. A vouloir un peu trop bien faire au niveau organisationnel, le comité du festival a fini par réduire la foule. Déjà, au niveau des invitations distribuées par les instituts culturels étrangers (italien, espagnol, etc) —qui sont derrière cette manifestation—, il y a un petit excès. Puisqu’elles perdent en cours de route de leur validité d’entrée et deviennent un simple prospectus informatif. Puis, il n’a pas été prévu un tarif spécial pour les étudiants. “faute de moyens”, nous dit Hichem Hemrit, président du festival. Seule une quinzaine d’étudiants de l’Institut Supérieur de Musique, spécialisés dans la guitare qui ont, grâce au directeur Mohamed Zine Elabidine, bénéficié d’un abonnement ont pu assister au spectacle. Ensuite, il y a ces fameux badges distribués à quelques journalistes, copains et favoris qui ne fonctionnent qu’avec une validation au guichet. Pour les autres journalistes qui n’ont pu assister à la conférence de presse (retenus par d’autres manifestations ou en train de rédiger leurs articles), il leur a été difficile de faire leur travail. Et le conte de Ommi Sissi continue… Sauf, face à des sièges vides en bas, on se précipite avant quelques minutes du concert pour ramener les spectateurs de la galerie d’en haut et faire le plein devant des artistes de renom. Il faut dire que de ce côté, le comité a bien vu. Car il n’y a pas plus humiliant pour un artiste de se produire devant une salle vide. Outre ces tares ci-dessus signalées et les quelques carences dans la sonorisation, la soirée a été d’un grand niveau. Le programme affiche un défilé de quatre groupes, dédié au World et au blues. Il y a eu Hoba Hoba Spirit du Maroc, avec une musique world d’un mélange réussi du traditionnel avec du moderne et de l’électrique. Il y a eu aussi Sidi Blues, né il n’a pas très longtemps à Sidi Bou Saïd et qui regroupe deux Tunisiens, deux Belges et deux autres Français. Leur musique est tirée des années folles du début 1960. Il ne faut pas oublier le “Monsieur Blues” de la chanson française, Patrick Verbeke qui, avec ses musiciens, a fait vibrer la scène. Mais la première partie, signée par Antonio Onorato Quartet, était loin de se faire oublier par les présents. Certes, le son n’était pas au point et on a entendu l’orgue beaucoup plus que l’écho de la guitare mais le concert n’a pas été trop affecté. En solo, en duo, trio ou en quatuor, l’ensemble napolitain nous a enthousiasmés avec du jazz world, épicé à la méditerranéenne. Il y a l’âme afro-américaine malaxée avec des recherches et sonorités diverses, au goût un peu spécial. Et le cocktail a été réussi. Les Antonio Onorato (guitare), Joe Amoruso (piano et clavier), Mario De Paola (batterie) et Diego Impareto (basse), ont été chaudement applaudis à la fin du spectacle. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com