Festival de la musique tunisienne : Espoirs, déceptions et … tensions !





La 17ème édition du Festival de la musique tunisienne ne manque pas de nouveautés malgré les petits nuages qui continuent à charger le ciel et à créer des tensions. Des espoirs, et des déceptions, Sonia M’barek en a parlé à force détails et à cœur ouvert lors du point de presse tenue hier. Le Festival de la musique tunisienne crée encore l’événement malgré toutes les difficultés rencontrées. Pour sa deuxième année en tant que directrice de ce festival, Sonia M’barek a essayé d’insuffler un nouveau souffle à cette manifestation et surtout de réunir les artistes tunisiens. «L’objectif majeur de ce festival est d’encourager le créateur tunisien et de le pousser à chercher loin des clichés et à présenter de nouvelles idées. Des idées capables de faire l’ajout pour le festival et pour la musique tunisienne. On n’arrête pas vraiment de poser des questions sur notre musique et même notre orientation: est-ce qu’on doit être fidèle à la structure et la mode classique? Ou nous devrons présenter un nouveau produit où l’artiste fait le mariage entre les nouvelles technologies, les modes orientales sans délaisser l’âme de la musique tunisienne? Tout au long de la période de la sélection, nous n’avions qu’un seul souci, le souci de l’ajout, de la recherche. Nous voulons présenter l’artiste tunisien comme un vrai créateur capable d’innover et de surpasser tous les modèles prêts et consommés», explique Sonia M’barek, lors de la conférence de presse, donnée, hier, au siège du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine. C’est à partir de ce mercredi, le 29 de ce mois, et jusqu’au 1er avril que le Théâtre municipal accueillera une panoplie de chanteurs, de compositeurs et de paroliers tunisiens qui vont entrer en rivalité dans le cadre de plusieurs compétitions: «Le concours du meilleur morceau instrumental», «Le concours de la chanson présenté spécialement pour le festival», «Le concours de la chanson à succès pour l’année 2005» et d’autres concours pour la meilleure composition, interprétation et paroles. Parallèlement à ces concours habituels, axes principaux de cette manifestation, le comité d’organisation a choisi d’honorer tous ceux qui ont marqué de leur empreinte la chanson tunisienne des années 80. «Nous avons opté pour cette période qui a vu l’émergence de plusieurs compositeurs et paroliers qui ont fait le printemps de la chanson tunisienne et qui ont permis à plusieurs voix de s’imposer et de réussir», note la directrice du festival qui a tenu à mettre en exergue l’importance de ce choix. Prévue pour la clôture, la première partie de la soirée réunira plusieurs talents parmi lesquels Adnène Chaouachi, Monia Béjaoui, Abdelwaheb Hanachi, Mounira Hamdi, Chérif Alaoui, Zina Ettounsia, Slah Mosbah. D’autres jeunes voix prendront part à cette soirée pour chanter des tubes à succès de Amina Fakhet, Saber Rebaï... et même de la regrettée de la musique tunisienne Dhikra Mohamed. Dans ce même esprit de reconnaissance des efforts de ceux qui «luttent» pour le rayonnement de la chanson tunisienne et de notre musique, la soirée d’ouverture dans sa première partie sera réservée aux lauréats de la 16ème édition de ce festival. Notons que la direction musical de cette première soirée a été confiée au maestro Ahmed Achour. D’autres activités ponctueront le programme de la 17ème édition du festival de la musique tunisienne. Une rencontre-débat entre les chanteurs tunisiens et les journalistes, une exposition d’une grande collection de phonographes et d’œuvres phonographiques au Palais Ennejma Ezzahra et des ateliers de percussion et de chant organisés à l’Institut supérieur de musique pour les étudiants seront lancés, tout au long du festival. «La télévision tunisienne, notre partenaire habituel, ne sera pas seule cette année à couvrir notre festival. Nous collaborons aussi avec Radio Monte Carlo et l’Union des Radios Arabes pour ouvrir d’autres horizons devant nos artistes et permettre à ce festival de rayonner au-delà de nos frontières», souligne Sonia M’barek. Un catalogue récapitulatif mais qui présente aussi cette nouvelle édition et une page Web sur le site du ministère de la Culture s’ajouteront, cette année, aux réalisations de ce festival. Lors de cette conférence, Sonia M’barek n’a pas pu cacher sa déception. «Nous avons tout fait pour que tous les artistes tunisiens soient présents indépendamment de leurs choix musicaux j’aurais aimé voir et écouté du jazz, de la musique populaire... plusieurs genres qui restent une source d’enrichissement pour notre musique», explique Sonia M’barek qui garde encore l’espoir de voir cette nouvelle édition permettre au festival de s’envoler loin des territoires tunisiens. Imen ABDERRAHMANI _____________________________ Flashes De toutes les générations Sami Rezgui, Mounir Mehdi, Fouèd Becheikh, Imed Ghiloufi, Slah Mosbah, Mohsen Chérif, Nabil Boudhina, Hassan Mahjoubi, Adnène Chaouachi, Maroua Griaâ, Anis Jaïdi, Hanen Mselmani, Karima Younès, Ahmed Mejri, Foued Bouabid, Hinda Kessibi, Tarek Jihed, Hanen Abid, Mounir Zorgani, Chahrazed Hilel, Hassen Dahmani, Sarra Turki, Chokri Bouzayène, Mahmoud Férih, Lamia Annabi, Mohamed Sassi Mahmoudi et Raouf Maher sont les chanteurs tunisiens qui défileront les 29, 30 et 31 de ce mois et le 1er avril sur la scène du Théâtre municipal prenant part à toutes les compétitions. Slah Mosbah en colère Slah Mosbah n’a pas loupé une question sur l’absence des chansons primées pour ouvrir le feu sur la radio et la télévision tunisiennes qui, «préfèrent accueillir les Libanais et fermer les portes devant les Tunisiens». Slah Mosbah n’a pas hésité aussi de «tirer» sur Amina Fakhet et de reproduire quelques gestes du comportement de cette chanteuse sur la scène en interprétant le célèbre tube populaire «Ajjbine Assaba». Le parcours de Saber Rebaï et son succès ici et ailleurs a été aussi remis en question par Slah Mosbah considérant Rebaï comme «un journalier chez les Libanais!». A qui profitent ces querelles ridicules qui ne font que créer des tensions? Seuls les jours qui viennent peuvent nous répondre à cette question ! El Ifrit, une tempête dans un verre d’eau Le refus de la chanson de Houcine El Ifrit a créé un grand débat et a fait l’objet de plusieurs interprétations. Suite à une question relative à cette chanson, la poétesse Jamila Mejri, universitaire, a tenu à préciser que les paroles de la chanson sont au-dessous du thème traité: «Quand on veut chanter pour la mère ou pour notre Prophète Mohamed, il faut chercher dans la langue et dans les images. Il faut être créatif dans le vrai sens du terme. Les paroles de la chanson en question sont mal structurées. Il y a beaucoup de confusions même dans le sens... A mon avis, en traitant d’un sujet aussi noble que la religion, il faut anoblir les termes choisis...», explique Mme Mejri. I.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com