Rejetant les accusations de génocide : Saddam affirme avoir combattu une rébellion au Kurdistan





L’ex-président Saddam Hussein a affirmé, hier que son armée n'avait fait que réprimer une rébellion au Kurdistan, rejetant ainsi les accusations de génocide contre les populations kurdes, pesant sur lui. Le Quotidien-Agences "Y a-t-il un pays au monde où quand une insurrection éclate, elle n'est pas réprimée par l'armée? Je propose de supprimer le mot peshmerga (du procès verbal) qui signifie sacrifice et de le remplacer par insurgé", a dit l'ancien Président. Il s'agissait hier de la cinquième audience de son procès devant le Haut tribunal pénal irakien, où il est jugé, ainsi que six de ses lieutenants, pour avoir ordonné et mis en œuvre les campagnes de répression "Anfal" (butin de guerre), au Kurdistan. L'ancien homme fort de Bagdad, vêtu de son habituel costume sombre, et un Coran posé sur le pupitre devant lui, a martelé que "les Arabes et les Kurdes" avaient "fait beaucoup de sacrifices pour lutter contre l'insurrection". Il voulait parler des Kurdes proches du gouvernement de Bagdad. Selon lui, qualifier les insurgés de "peshmerga" leur confère un statut autre que celui de simples rebelles que le gouvernement a le droit de combattre. Saddam Hussein a par ailleurs exigé que des experts internationaux examinent les preuves fournies par un témoin, Abdel Ghafour Hassan Abdallah, qui avait raconté auparavant l'attaque de son village dans la région de Soulaimaniyeh, en 1988, et la disparition de sa mère et de ses jeunes sœurs. Le témoin, qui s'exprimait en kurde, avait affirmé qu'après la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, les papiers d'identité de sa famille avaient été retrouvés dans un charnier dans la région de Mossoul. * Expertise Saddam Hussein a demandé que les experts s'assurent que les pièces d'identité et les corps de sa mère et ses sœurs venaient du même endroit. "Ces experts ne doivent pas être Américains, mais neutres, venant de pays comme la Suisse", a-t-il poursuivi. "Nous ferons appel à des experts internationaux", a affirmé le juge Abdallah al-Ameri, sans autre précision. A un moment donné, l'ancien Président s'est tourné vers l'accusation et lancé: "vous êtes des agents iraniens et sionistes. Nous vous écraserons". Le juge lui a alors coupé le micro. Pour sa part Abdel Ghafour Hassan n'a pas pu cacher sa joie de voir Saddam Hussein enfin jugé pour ses crimes. "Félicitations Saddam, aujourd'hui vous êtes derrière les barreaux", s'est-il exclamé en s'adressant au président déchu avant d'être rappelé à l'ordre par le juge. Un deuxième témoin, Mahmoud Hama Aziz, vêtu du séroual traditionnel kurde et coiffé d'un turban, a raconté avoir perdu la trace de six membres de sa famille lors la campagne d'Anfal. Il a réclamé des compensations et de pouvoir récupérer les restes des membres de sa famille. Le procès, ajourné a aujourd’hui, se déroulait alors que sur le terrain 22 personnes ont été tuées dans des attaques ne Irak dont 9 dans une attaque à la voiture piégée qui visait un convoi américain dans le quartier Mansoura à Bagdad et 11 dans l’explosion d’une bombe dans la province de Diyala.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com