Les jeunes, l’orientation et la réorientation : Des ambitions, des attentes et des déceptions





Le sort des nouveaux bacheliers est déjà scellé. Tous les nouveaux étudiants savent quelle direction prendre. Les réorientés n’ont plus le temps de répliquer. Tout est déjà en cours pour la rentrée. Toutefois, nombre des réorientés ne sont toujours pas satisfaits de leur affectation. Certains choisissent de passer une année blanche. D’autres passent tant bien que mal cette année. Mais les uns comme les autres verront bien ce qu’ils vont faire alors que le train est en marche. Que comptent faire justement les étudiants qui ne sont pas satisfaits de leur affectation? Tunis - Le Quotidien Certains jeunes gens savent bien ce qu’ils veulent faire. Ils se fixent des objectifs et font tout ce qu’il faut pour y parvenir. Et comme les études figurent en tête de liste des priorités juvéniles, l’orientation universitaire s’avère être une étape décisive concernant tout leur avenir. Les uns réussissent leur bac brillamment et atteignent un score élevé. Ils ont plus de chance d’être affectés à l’université souhaitée. Les autres ont un score assez faible et leurs chances d’accéder à leur université de rêve s’amoindrissent. Dès lors, ils peuvent se retrouver affectés là où ils n’espèrent pas... Que faire ? Sana, 21 ans, étudiante, pense que la pire des choses qui puisse arriver à un étudiant ce n’est pas d’avoir de mauvaises notes ou de ne pas réussir une année, mais d’être dans une place qui n’est pas du tout la sienne. «Depuis toujours, je rêvais d’aller à l’école des Beaux-Arts. Je suis douée pour le dessin et j’ai un penchant spécial pour tout ce qui est artistique. J’ai eu mon bac avec mention et j’avais un score qui me permettait d’aller là où je voulais. Mes parents ont tenu bon à ce que je n’aille pas à l’école des Beaux-Arts. Mon père est avocat et il tient à ce que j’ai la même vocation pour tenir son bureau après lui... Ce n’était jamais mon dada. Pour leur faire plaisir et pour ne pas contrarier mon père et briser son rêve, j’ai dû briser le mien ! J’ai été affecté à la faculté de droit. C’était pour moi, un vrai calvaire. J’avais des notes médiocres. J’ai beau essayer de me concentrer, j’ai beau faire des efforts... en vain. Ma meilleure amie était à l’école des Beaux-Arts. Une fois, je lui ai rendu visite et je l’ai vu à l’œuvre... J’ai tellement eu mal que j’ai piqué une crise de nerfs... Le médecin m’a prescrit un traitement. Mon père a dû se remettre en question, il refusait que je prenne des médicaments anti-dépressifs . Il est venu me dire que je peux aller enfin à l’école des Beaux-Arts, j’ai réussi à faire une réorientation et je m’apprête à réaliser enfin mon rêve», dit-elle. Neji Benyoub, 21ans, étudiant à l’INEPS, a tout fait pour être affecté à l’INEPS. Le jeune homme sait ce qu’il veut et il s’est déjà fixé des buts à atteindre. «Je veux devenir entraîneur de troisième degré. L’année précédente, je n’ai pas réussi dès la session principale au bac. Il fallait que je repasse la session de contrôle. Mais cela n’allait pas me permettre d’accéder à l’INEPS, j’aurais en un score très faible. Je n’ai donc pas passé la session de contrôle. Ce qui prime pour moi, ce n’est pas de réussir au bac, mais de réussir à accéder à l’INEPS. J’ai donc refait mon bac et j’ai pu avoir le score qu’il faut. Toutefois, je ne pouvais pas crier victoire avant de réussir le concours. L’INEPS soumet les élèves affectés à un concours de sélection et j’ai réussi. Je peux maintenant dire que je suis l’homme le plus heureux sur terre. Je suis à quelques jours seulement de mon plus grand rêve et il faut dire que je ne regrette pas du tout d’avoir perdu une année et si c’était à refaire, j’aurais refait la même chose», dit-il. Aymen Zitoune, 21 ans, étudiant, à l’INEPS a réussi à avoir son premier choix dès le premier tour d’orientation. Aymen est sûr de ce qu’il veut faire. Doué pour les sports, il a toujours voulu intégrer cet institut. «Je dois être chanceux d’avoir mon premier choix depuis le premier tour. Si on m’avait affecté ailleurs, j’aurais passé sans aucune hésitation une année blanche. Je sais ce que je veux et je sais ce qui me convient. D’ailleurs, de nombreux étudiants ne se sentent pas dans leur élément, ils auront du mal à réussir et même s’ils vont réussir ils auront toujours l’impression d’avoir raté leur vocation. Il ne me reste à présent qu’à souhaiter que je sois admis au concours. Le résultat aura lieu la semaine prochaine... Je trouve que c’est injuste dans la mesure où on ne sait toujours rien alors que la rentrée est pour très bientôt et cela me stresse», dit-il. Mohamed Ali Ben Hriz, 20 ans, va refaire son bac pour la troisième fois. «La première fois que j’ai passé le bac, j’ai été refusé avec une moyenne de 9,70. Je n’avais pas une moyenne annuelle qui me permettait le rachat. Et comme un malheur, ne vient jamais seul, le deuxième bac, je suis refusé aussi avec une moyenne de 9,98 et une moyenne arithmétique, mais je n’avais pas non plus de moyenne générale au cours de l’année qui me permettait de réussir. Cette année, je sais que ça va être la bonne, je ferais tout pour avoir une bonne moyenne au cours de l’année. Et je vais opter pour l’IPSI ou pour l’école des Beaux-Arts. Si jamais je serais affecté ailleurs, j’irais étudier en France», dit-il. Abir CHEMLI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com