S’acharnant contre le Hamas : L’Egypte veut définir les frontières du futur Etat palestinien





L'Egypte va proposer devant l'ONU d'inverser le calendrier établi par la feuille de route pour définir au préalable les frontières du futur Etat palestinien et relancer ensuite les négociations israélo-palestiniennes sur les modalités de son établissement. Le Quotidien-Agences Le chef de la diplomatie égyptienne Ahmad Aboul Gheit a multiplié ces derniers jours des déclarations appelant à un accord sur "la conclusion de la feuille de route", c'est-à-dire sur "les frontières du futur Etat palestinien". "La feuille de route doit avoir une conclusion et c'est l'Etat palestinien. Il faut se mettre d'accord sur le concept et les frontières de cet Etat et négocier ensuite les moyens de réaliser ce but", a déclaré Aboul Gheit. "Tout le monde doit œuvrer à la réalisation du but définitif du processus de paix, à savoir l'établissement d'un Etat palestinien", a-t-il souligné. Le Caire souhaite également la mise en place d'un gouvernement d'union nationale palestinien sur la base d'un accord clair sur la ligne à adopter vis-à-vis d'Israël pour pouvoir relancer le processus de paix. "Les Palestiniens doivent se mettre d'accord sur un gouvernement qui définisse une ligne claire à adopter vis-à-vis d'Israël et de la communauté internationale", a affirmé M. Aboul Gheit. * Réalisme Critiquant implicitement le mouvement islamiste palestinien Hamas, il a appelé au "réalisme" politique. "Je ne peux pas imaginer qu'un groupe de Palestiniens vienne aujourd'hui pour nous demander d'adopter une ligne politique dépassée depuis des décennies". "Il faut assurer l'indépendance de la décision palestinienne et il ne faut permettre à aucune partie étrangère, qu'elle soit arabe ou régionale, d'intervenir dans cette décision", a-t-il poursuivi dans une allusion aux liens entre le Hamas d'une part, la Syrie et l'Iran d'autre part. L'Egypte doit présenter sa proposition au cours d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU au niveau ministériel dont la tenue a été demandée par la Ligue arabe. La date du 21 septembre a été retenue en principe pour cette réunion mais certains membres du Conseil de sécurité, dont notamment les Etats-Unis, n'ont pas encore donné leur accord, ont indiqué des diplomates arabes au Caire. Les pays arabes comptent surtout sur le soutien de l'Union Européenne pour dissiper les réserves de Washington, selon ces diplomates. "Nous avons discuté de cette initiative (arabe pour la tenue d'une réunion du Conseil de sécurité) d'une manière générale au sein de l'Union européenne et nous la soutenons", a affirmé le chef de la diplomatie espagnole Miguel Angel Moratinos. Les ministres arabes des Affaires étrangères avaient appelé la semaine dernière à la "mise en place d'un mécanisme efficace pour la reprise des négociations directes entre les parties sous la totale supervision du Conseil de sécurité, assorti d'un calendrier et d'une garantie internationale". Pour l'analyste Emad Gad, "les Arabes tentent d'arracher à Israël un engagement à accepter les frontières de 1967 pour pouvoir relancer le processus de paix". "Après la guerre du Liban, les régimes arabes se sont retrouvés dans une situation embarrassante en raison du blocage du processus de paix et cherchent un quelconque moyen pour le relancer", estime cet expert du centre d'Etudes stratégiques d'al-Ahram.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com