Réorientation, bourses, hébergement universitaire : Voyage au bout d’une éprouvante course d’obstacles





L’heure de vérité a déjà sonné pour plus de 380 mille étudiants, tous cycles de formation confondus. Certains ont déjà retrouvé les bancs des universités. D’autres devraient regagner leurs amphis aujourd’hui au plus tard. Pour la majorité des étudiants la rentrée se passe dans des conditions normales. Une partie d’entre eux se trouve cependant acculée à effectuer un véritable parcours du combattant avant de prendre le chemin de l’université. Tunis - Le Quotidien Nadia S. est une étudiante non boursière en deuxième année français à la faculté des lettres à la Manouba. Originaire de Mahdia, elle devrait retrouver les bancs des amphis le 15 septembre avant même de dénicher un lit dans un foyer universitaire public. Ce cauchemar l’oblige à passer, depuis deux semaines, de longues heures aux portes de l’Office des œuvres universitaires du Nord (OOUN). Et à faire quotidiennement la navette entre Mahdia et Tunis. Cette jeune fille qui ne peut pas s’offrir le luxe d’aller voir du côté des foyers privés en raison des revenus modestes de son père, agent à la SNCFT, a même appris par la force des choses à composer avec les réponses laconiques des préposés aux guichets qui s’affolent pour un oui ou pour un non. «Votre dossier est en cours d’étude ou encore la fameuse expression revenez demain ne me font plus trépigner de colère. C’est que je n’ai pas le choix. Je dois m’accrocher», raconte Nadia, un brin amère. Face à l’augmentation du nombre des étudiants qui a atteint cette année près de 380.000, les pouvoirs publics ont pris la décision de limiter le droit d’hébergement universitaire dans les foyers relevant des offices des œuvres universitaires aux nouveaux bacheliers et aux étudiantes boursières en deuxième année. Une mesure qui donne encore du fil à retordre aux enfants des cadres moyens, voire même des enseignants. Asma B., étudiante à l’Institut supérieur des langues vivantes de Tunis, n’a plus la force, ni le temps d’attendre un très hypothétique lit dans un foyer public. Après deux mois de déplacements à l’OOUN et de demandes adressées à toutes les directions compétentes elle a décidé de baisser pavillon et de jeter son dévolu sur les foyers privés. «Le problème, c’est que les prix s’accommodent très mal avec le pouvoir d’achat de mon père instituteur. Mais il faut faire des sacrifices. C’est ça la vie», philosophe l’étudiante. La mère de la jeune fille acquiesce d’un signe de tête. «Au moins, les foyers privés offrent plus de sécurité que le fait de louer un appartement», dit-elle, laconique. * Galère A une journée du dernier délai fixé par le ministère de l’Enseignement supérieur pour la rentrée, le hall de l’OOUN est archicomble. Car ce n’est pas uniquement l’hébergement qui préoccupe les étudiants à pareille période de l’année. Tarek T., étudiant en première année à l’ISG, attend depuis plusieurs semaines une réponse favorable à sa demande de bourse universitaire. «Une erreur dans le remplissage des formulaires de la déclaration du revenu m’a privé de la bourse. Aujourd’hui, j’essaie de rectifier le tir. Mais jusqu’ici, les fonctionnaires de l’Office semblent traîner les pieds», maugrée cet étudiant. Certains étudiants n’ont pas toujours déniché des places dans des amphis de leurs choix même après avoir participé au concours de réorientation . Hassène O. fait partie de ces étudiants qui ne savent plus quoi faire. Ayant échoué au test d’entrée à l’Institut National de l’éducation physique et du sport (INEPS) - Un échec qu’il n’arrive toujours pas à digérer - il a participé au concours de réorientation sans pouvoir rejoindre, l’ISET de Nabeul, à vol d’oiseau de son domicile. «J’ai été victime de l’ordinateur; cette machine stripide qui ne prend pas en considération la situation sociale et les autres motivations du candidat (ndlr: le tir des bulletins d’orientation se fait par ordinateur)», peste ce nouveau bachelier. Hassène qui a été finalement orienté vers une filière nouvellement créée, une licence appliquée en gestion, voit le spectre de l’année blanche à l’horizon. «Maintenant je n’ai pas d’autres choix que de recourir à une intervention», confie-t-il. La direction des affaires estudiantines a reçu à l’issue des cinq tours de l’orientation universitaire 12 mille demandes de réorientation mais environ 16 mille demandes seulement ont été satisfaites jusqu’au 13 septembre. Quelque deux mille étudiants n’ont qu’à accepter la filière vers laquelle ils ont été orientés contre leur volonté ou passer une année blanche. Walid KHEFIFI ___________________________ Gros plan sur les œuvres universitaires Les offices des œuvres universitaires du Nord, du Centre et du Sud se sont retroussés les manches depuis plusieurs mois afin d’appliquer des critères objectifs en matière d’octroi des bourses et d’hébergement universitaire. 92.400 bourses seront octroyées cette année. Le nombre de prêts universitaires s’élèvera, de son côté, à 4475 alors que les bourses d’études à l’étranger se situent aux alentours de 4748 bourses. Les 56 foyers universitaires publics offrent 71.000 lits. Les 34 restaurants devraient, quant à eux, distribuer 93.000 repas par jour.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com