Traitement des prisonniers : Nouveau casse-tête pour Bush





George Bush a subi une fronde d'une commission du Sénat américain, qui a adopté une proposition de loi visant à protéger les droits des suspects étrangers de terrorisme et à restaurer l'image des Etats-Unis après les scandales des mauvais traitements infligés aux prisonniers de la "guerre contre le terrorisme". Le Quotidien-Agences Alors que le président américain venait tout juste de rencontrer au Capitole des représentants républicains pour obtenir leur soutien à son propre projet, la commission sénatoriale des Forces armées a adopté sa propre proposition de loi, conforme selon elle aux exigences de la Cour suprême. Cette dernière a contraint George Bush à modifier ses projets initiaux sur les moyens de juger les suspects de terrorisme détenus par les Etats-Unis. La commission sénatoriale a en outre fait obstacle à la volonté de George Bush d'interpréter de manière plus restrictive la Convention de Genève sur le traitement des prisonniers. Le président américain juge essentiel de laisser une marge de manœuvre à la CIA dans l'interprétation de cette convention pour obtenir des renseignements lors des interrogatoires de suspects. Les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent les projets présidentiels. Certains élus craignent en outre que ces pratiques, assimilées par certains à de la torture, fassent courir des risques accrus aux soldats américains en cas de capture par l'ennemi. * Divisions La proposition de la commission sénatoriale a bénéficié du soutien de son président John Warner et des sénateurs John McCain et Lindsay Graham, deux autres "poids lourds" du parti républicain. Elle a été adoptée par 15 voix contre neuf, grâce à l'apport des démocrates et de la sénatrice républicaine du Maine Susan Collins. La proposition de la commission permet aux accusés d'avoir accès aux documents classés utilisés à charge. Elle limite l'usage des preuves par ouï-dire ou obtenues sous la contrainte. Le Sénat doit se saisir de ce dossier dès la semaine prochaine et les débats pourraient mettre au jour de profondes divisions dans les rangs des républicains sur le thème de la sécurité nationale, qu'ils jugent essentiel dans la campagne pour les élections de mi-mandat. Les scrutins du 7 novembre pourraient voir les démocrates reconquérir la majorité dans au moins une des deux chambres du Congrès. Les démocrates sont d'ailleurs restés relativement discrets au cours des débats, laissant les républicains étaler leurs divisions. Menacée d'une possible défaite lors du vote du Sénat en séance plénière, la Maison-Blanche a déclaré après la décision de la commission sénatoriale qu'elle pourrait attendre la réunion des négociateurs du Sénat et de la Chambre des représentants, chargés d'établir la version définitive de la proposition de loi, pour intervenir dans les débats. Farouche opposant aux projets présidentiels, le sénateur McCain, lui-même ancien prisonnier de guerre au Viêtnam, a brandi une lettre écrite par l'ancien secrétaire d'Etat Colin Powell, dans laquelle ce dernier affirme que "le monde commence à douter du bien-fondé moral de notre combat contre le terrorisme". Powell, chef de la diplomatie américaine pendant le premier mandat de Bush, se dit en outre opposé à la volonté du président de redéfinir la Convention de Genève. La Maison blanche a répliqué avec une autre lettre, écrite cette fois par l'actuelle secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, affirmant que le projet de Bush "contribuera à prouver à nos partenaires internationaux notre attachement au respect" des normes édictées par la Convention de Genève.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com