Chaînes de télévision piratées et Ramadan : Les hackers restent sur leur faim





Au «Souk Moncef Bey» et dans des dizaines de magasins des rues très bien connues de Tunis, les spécialistes - flasheurs - décrypteurs des récepteurs de télévision numérique, Ramadan oblige, mènent une véritable bataille pour violer les codes secrets des chaînes satellitaires payantes. Une course contre la montre épique mais pas du tout gagnée d’avance. Reportage. Tunis-Le Quotidien Dans la nouvelle ambiance quotidienne très spéciale que crée le mois de Ramadan qui frappe à nos portes, la télévision redevient un élément d’animation incontournable. Et comme le jeûne attise la gourmandise gastronomique, il semble avoir le même effet sur la «consommation télévisuelle». Une appétit gargantuesque qui s’en trouve davantage aiguisé par ces centaines de chaînes de télévision satellitaires qui diffusent tout genre d’émissions que l’on peut capter en Tunisie par de simples équipements de réception désormais à la portée de toutes les bourses. * Pirates ou craqueurs !? «Les gens veulent toujours découvrir de nouveaux programmes de télévision et ne se contentent jamais de ce qu’ils reçoivent chez eux grâce aux récepteurs numériques», nous indique Imed, spécialiste dans le «patchage» des récepteurs de chaînes de télévision numériques qui opère dans une des innombrables échappes situées au souk Moncef Bey dans la capitale. Ce souk est devenu d’ailleurs un passage incontournable pour des centaines de personnes qui hantent les lieux matin et soir, à la recherche d’une nouvelle solution pour décrypter les chaînes payantes au moindre frais. «La plupart des gens qui viennent ici se renseignent sur le bouquet de l’ART», souligne notre interlocuteur. Et d’ajouter que «depuis que les hackers ont réussi à déchiffrer son code de cryptage il y a quelques mois avant qu’il ne soit verrouillé de nouveau de façon plus complexe, le bouquet des chaînes ART demeure inviolable». * Blocus Les pirates de Moncef Bey et leurs camarades du métier qui offrent ce service à la rue d’Athènes à Tunis par exemple, ne sont pas des «hackers» au vrai sens du terme. Ce sont plutôt des «craqueurs» qui repêchent les codes des chaînes payant sur internet. «Nous passons des journées entières à surfer sur le Net afin de trouver les codes des chaînes cryptées que nos clients désirent capter en clair», confie Mohamed Zribi, un de ces «craqueurs». «A l’occasion de Ramadan, les gens nous sollicitent plus que les jours ordinaires, ce qui nous oblige à nous connecter plus longtemps pour trouver un code capable de déverrouiller quelques chaînes payantes qui suscitent la convoitise des téléspectateurs», dit-il. A l’instar de l’ART qui s’est dotée d’un système anti-piratage très efficace, le bouquet des chaînes françaises TPS est de son côté passé à des applications de cryptage tout aussi inviolables. «Les propriétaires français de ce bouquet de chaînes payantes ont en fait opté pour un système de programmation des codes qui changent toutes les secondes», explique Imed qui ne cache pas son pessimisme. «L’opération cryptage-décryptage est devenue très fréquente et celà ne nous laisse pas le temps pour vendre les codes trouvés. Beaucoup de gens ont fini par jeter l’éponge et ne viennent plus flascher leurs récepteurs», dit-il sur un ton amer et visiblement très déçu de ce tour de vis qui menace de lui casser littéralement la baraque. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com