Les jeunes et les reproches des adultes : Reçus 2 sur 5 !





Plusieurs parents ou professeurs pensent aiguillonner une jeune personne à travers les blâmes et les reproches... Or dans la majorité des cas, cela fait d’un jeune un rebelle, car sa révolte représente sa détermination à croire en lui puisque personne dans le monde des adultes ne semble lui accorder sa confiance. Poussé par ce sentiment il se peut qu’il tente de s’affirmer en empruntant une voie autre que celle choisie par ses parents... Tunis - le Quotidien Cela ne veut pas dire qu’un jeune soit capable de s’assumer entièrement, mais il cherche à le prouver même s’il n’en est pas convaincu lui-même. Les parents et les adultes reprochent certaines choses aux jeunes. Ces derniers persistent à continuer sur la même lancée... Que reprochent justement les adultes aux jeunes ? Comment ces derniers répliquent-ils? Logiquement, nous devrions apprendre des choses avant de les réaliser. L’adolescent veut commencer par la pratique. C’est ainsi qu’il prend conscience des problèmes et c’est ainsi qu’il va désirer en apprendre davantage à leur sujet. Et puisqu’il sait qu’il a besoin de plus amples connaissances pour mener sa barque dans le monde des adultes, l’adolescent éprouve le désir et le besoin d’assumer des responsabilités concrètes et d’agir avant d’apprendre la théorie. Si les parents s’efforcent d’imposer leur autorité à leurs enfants, ils feront probablement œuvre inutile... La jeune personne ne va que s’entêter et se rebeller davantage. Ses impulsions naturelles le poussent à désobéir à l’autorité parentale.. C’est qu’il s’efforce à imposer ses opinions personnelles pour conquérir sa propre indépendance. Il refuse de se soumettre à une autorité quelconque. Et même s’il se montre soumis et docile, il n’en fera qu’à sa tête dès que les géniteurs auront le dos tourné. Un jeune a besoin de choisir, de décider, de juger sans que des adultes ne lui dictent leurs choix. L’adolescent essaie de grandir. Le rôle des parents est de l’aider à y arriver et non pas de le retenir. Or de nombreux parents s'efforcent de critiquer les actes, les choix et la manière de vivre de leurs enfants, ce qui ne semble pas arranger les choses. Chiraz, étudiante, 22 ans, a dépassé l’âge de l’adolescence. Et pourtant, les quiproquos entre elle et ses parents ne sont pas absents. «Je pense que les parents ne cesseront jamais de faire des reproches à leurs enfants. C’est ainsi qu’ils auront l’impression de jouer pleinement leur rôle. Certes, cela peut déranger dans la mesure où l’on se sentira tout le temps critiqués ou pas à la hauteur de leurs attentes, mais je préfère que des parents soient ainsi plutôt que d’être démissionnaires. Et même si l’on n’obéit pas totalement, on se sentira contrôlé et même si on va commettre des erreurs, on finira par se corriger un jour. Généralement, mes parents commentent toujours ma façon de m’habiller, mes choix musicaux et mes habitudes... C’est compréhensible puisque de leur époque il n’y avait pas ce genre d’habit ou de musique etc», dit-elle. Tout comme Chiraz,Fatma, étudiante, 22 ans, est aussi loin de l’âge de l’adolescence et cela n’éradique pas totalement les désaccords avec ses parents. «Je ne suis pas du tout rebelle et je ne me souviens pas l’avoir vraiment été même durant mon adolescence. N’empêche que certains comportement ne plaisent pas à mes parents et certains de mes choix ne leur conviennent pas du tout. A mon sens, cela rentre dans le cadre du conflit des générations. Un conflit qui aura toujours lieu puisque parents et enfants ne font pas partie de la même génération et ne vivent pas la même époque. Mes parents commentent ma façon de parler et n’admettent pas ce lexique juvénile, déraciné, à leur sens. Ils n’aiment pas non plus mes choix musicaux et trouvent mes idoles sans aucun don.. C’est normal ! Mais moi, je ne commente pas leurs tendances, chacun est libre ! Par ailleurs, ils commentent aussi ma manière de m’habiller et sur ce point je leur donne raison parce que certains habits pousseront les autres à me coller une étiquette», dit-elle. Faten, élève, 17 ans, est a priori en pleine phase d’adolescence. Les désaccords devraient être en principe à leur pic... Et pourtant ce n’est pas le cas. La jeune fille s’efforce de ressembler à une fille modèle. «Je pense que tout parent rêve de voir en son fils ou en sa fille, l’image d’un enfant modèle. Chacun doit avoir certains rêves dans la vie, s’il n’arrive pas à les réaliser tous, il s’appliquera pour que son fils ne manque de rien et qu’il réalise ces rêves-là. Le seul hic, c’est que les rêves d’un parent ne seront forcément pas identiques aux rêves de l’enfant. Et même, si je fais des efforts fous pour ressembler à cette image idéaliste que mes parents cherchent à voir en moi, je ne peux pas réussir à tous les coups parce que je ne suis qu’un être humain et je ne suis pas parfaite même si j’essaye d’y parvenir. Il y a toujours certains choix que mes parents désapprouvent. Ils trouvent par exemple aberrant que je n’écoute pas Oum Kalthoum et qu’en parallèle je visionne les clips vidéo en vogue actuellement. Je sais qu’ils ont raison d’aimer cette chanteuse, mais moi je vis mon époque, c’est sûr que je me mettrai un jour à l’écouter...», dit-elle. Amira, 17 ans, élève, a aussi quelques désaccords avec ses parents et surtout avec son père. Il lui reproche surtout sa manière de s’habiller. «On critique tout le temps ma façon de m’habiller. Je sais qu’ils n’ont pas tort parce que certains habits ne conviennent pas à certains endroits. Mais il faut dire que toutes les filles ou presque s’habillent de la même manière. Mon père est assez dur de caractère, il commente aussi mes choix en matière de relations amicales, les films et la musique que j’aime, le fait que je ne visionne pas les informations, le fait que je lis certains magazines et non pas des livres, le fait que je ne mette pas la main à la pâte. Ma mère me dit aussi que je suis paresseuse, désordonnée et qu’autrefois les filles de mon âge sont déjà mariées, mères et responsables. Or ce que mes parents refusent de comprendre c’est que je fais partie de la génération actuelle qui suit une tendance actuelle qui s’habille selon la mode actuelle et que cela n’a rien d’alarmant. Cela ne veut pas dire que je n’ai pas de principes ou que je manque de repères. Ils m’ont bien éduquée et ils m’ont inculqué les valeurs et je sais bien faire la part des choses, mais je suis bien libre de mes choix et puis si mes choix sont mauvais à leurs goûts, ils ne le sont pas pour moi et je dois commettre des erreurs pour apprendre. Je ne peux pas apprendre juste selon la théorie et les exemples qu’ils me donnent, je dois vivre des problèmes et en tirer toute seule la leçon», dit-elle. Abir CHEMLI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com