Des Palestiniens furieux annulent une séance parlementaire : «Haniyeh, où sont nos salaires ?»





Une séance du Parlement palestinien a été reportée sine die hier après des échauffourées entre des fonctionnaires et des gardes du corps du Premier ministre Ismaïl Haniyeh, qui devait s'exprimer devant l'assemblée au lendemain du gel des négociations sur le cabinet d'union nationale. Le Quotidien-Agences "La séance du Parlement a été reportée à une date indéterminée", a annoncé le service de presse du Conseil législatif palestinien (CLP, Parlement) à Gaza. Des centaines de fonctionnaires, qui protestaient contre le non-versement de leurs salaires depuis le mois de mars, ont brièvement empêché Haniyeh de pénétrer dans le Parlement, où il devait être interrogé par des députés du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas. Les protestataires ont encerclé sa voiture, donnant des coups sur le véhicule et criant: "Haniyeh, où sont nos salaires ?". Des policiers ont tiré en l'air pour tenter de disperser la foule et une bousculade a éclaté entre des gardes du corps de Haniyeh et des manifestants. Une parlementaire du Fatah a affirmé que les gardes du corps l'avaient ensuite bousculée après qu'elle leur eut demandé des explications. "J'ai été poussée par un garde, il a pointé son arme vers moi et m'a insultée", s'est plainte Naïma Cheikh Ali. Deux manifestants ont été légèrement blessés et hospitalisés. "Le Fatah s'est retiré de la séance pour protester après les agressions des gardes du corps du Premier ministre contre des fonctionnaires et la députée Naïma Cheikh Ali", a affirmé Nabil Chaath, ancien ministre et député du Fatah. * Démocratie Haniyeh s'est borné à affirmer aux journalistes en quittant le Parlement: "Cela fait partie de la démocratie". De son côté, le vice-président du Parlement, Ahmed Bahar, a "dénoncé" l'incident et a accusé les manifestants "d'être politisés", en référence à l'appartenance d'une grande majorité d'entre eux au Fatah. "Nous demandons une enquête sur les personnes qui ont provoqué l'échec de la séance parlementaire", a-t-il ajouté, précisant que Haniyeh avait refusé "d'utiliser la force" pour entrer dans le Parlement. Cet indicent risque d'alourdir le climat des négociations pour former un gouvernement d'union nationale, suspendues dimanche par Abbas. Le président palestinien a été agacé par des déclarations de Haniyeh qui a indiqué que le futur cabinet n'était pas tenu de reconnaître les accords passés avec Israël alors que cette question est stipulée dans un accord signé entre les deux hommes. "Les efforts en vue de former un gouvernement d'union nationale ont été gelés jusqu'à mon retour de New York", a dit Abbas dimanche. Il doit participer aux travaux de l'Assemblée générale de l'Onu. Les déclarations de Haniyeh sont "en contradiction avec l'accord avec le Hamas qui stipulait que le nouveau gouvernement devait respecter les engagements pris et les accords conclus par l'Organisation de libération de la Palestine (OLP)", a ajouté Abbas. A l'issue de semaines de négociations laborieuses, Mahmoud Abbas et Ismaïl Haniyeh, qui dirigera le futur gouvernement, se sont entendus le 11 septembre sur le programme politique du prochain cabinet d'union. Celui-ci est basé sur le document d'entente nationale, paraphé par les différentes factions palestiniennes en juin, qui prévoit de "concentrer" les attaques anti-israéliennes dans les territoires occupés depuis 1967 et la création d'un Etat sur ces terres palestiniennes, ce qui constitue une reconnaissance implicite du droit d'Israël à l'existence.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com