Palais Al-Abdellia : «Ichigo – Ichie»





Le Palais Al Abdellia s’est réveillé de son sommeil sur la musique du célèbre groupe de jazz japonais Fumio Itabashi qui a choisi de fêter, à sa manière et même avec un léger décalage horaire, le “Higan d’automne”. Une rentrée jazzy de haute facture ! Après quelques temps de silence et d’obscurité, depuis la clôture de la 42ème édition du festival international de Carthage, le Palais Al Abdellia à la Marsa a vu ses projecteurs s’allumer de nouveau et sa grande cour se remplir encore une fois de mélomanes. L’événement n’est autre que le concert du groupe de jazz japonais Fumio Itabashi, invité pour partager avec les Tunisiens et les Japonais, la célébration du 50ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Tunisie et le Japon. C’est dans ce cadre particulier que le concert du Fumio Itabashi and “co” a été donné pour notre plus grand bonheur annonçant une rentrée culturelle, très rythmée à la japonaise ... L’ambassade du Japon en Tunisie semble synchroniser ces fêtes d’ici avec celles données au pays du Soleil Levant avec l’arrivée de chaque saison; d’ailleurs après le défilé du groupe de la danse traditionnelle japonaise “Kikunokai” en juin dernier, les responsables japonais ont choisi de proposer aux férus de jazz une plongée spéciale au début de cette saison. Mission accomplie car le Palais Al Abdellia s’est transformé en vrai liens d’amour grâce à la doigté du quintette de Fumio Itabashi qui a permis à l’assistance de découvrir ce jazz “Made in Japan” et de faire une dense balade dans les forêts et les jardins nippons mais aussi dans les grandes métropoles économiques et industrielles. Avec quelques minutes de retard, le groupe Fumio Itabashi a pris sa place sur la prestigieuse scène du Palais Al Abdellia. Et c’est bien parti ! Fumio Itabashi caressant avec une adorable folie les touches de son piano, Nobuyoshi Ino dansant avec sa contrebasse bien-aimée, Shota Koyama battant tantôt les cymbales et tantôt les caisses et Modori Onaga, une vraie magicienne qui sait bel et bien manipuler différents genres de percussions avec une grande harmonie ont plongé le public, sans hésitation, dans le vif du sujet, mettant l’accent sur l’évolution qu’a connu le jazz sous le soleil de l’Archipel. Compositeur, pianiste et leader du groupe, Fumio Itabashi a fasciné le public par cette énergie et ces nuances qui ponctuent son jeu-guidé par les rythmes, ce pianiste a laissé son corps bouger à droite et à gauche; il suffit de le regarder pour comprendre quelques épisodes de cette grande histoire que Fumio Itabashi partage avec son piano. Rien n’est dû au hasard car ce grand pianiste nippon a fait ses débuts artistiques avec le saxophoniste japonais hors pair Sadao Watanabe, le père spirituel du mouvement jazzy au Japon. Nobuyoshi Ino avec la contrebasse et Shota Koyama sur la batterie se sont associés à Fumio Itabashi dans ce voyage bien rythmé. Entre l’écriture et l’improvisation, la prestation de ce trio a oscillé en parfaite harmonie avec les sonorités de Modori Onaga; des sonorités qui rappellent le sifflement des vents dans les forêts vierges des hêtres et les murmures des eaux dans le lac Mashu et le lac Kawaguchi. Ce quatuor qui a marqué la première partie de cette soirée a raconté avec ces fusions de musiques et de techniques, le Japon d’aujourd’hui et surtout le vécu des nippons; entre des journées très mouvementées dynamiques et des soirées calmes et chaudes, se dessine le quotidien du pays du Soleil Levant. L’entrée sur scène de Takayuki Matsuda avec son Shamisen a changé l’orientation de ce concert de jazz dévoilant le secret des artistes nippons qui ont réussi à adopter cette musique qui n’est pas les siens pour donner le jour à une musique qui traduit l’âme japonaise. Défilant dans un habit traditionnel et “armé” de son Shamisen, utilisé généralement dans la musique folklorique. Takayuki Matsuda a fasciné le public dès qu’il a commencé à caresser les trois cordes de son instrument. “Félicitations” est le premier morceau chanté par Matsuda; la voix limpide et pure accompagnant le jeu subtil sur le Shamisen, cet artiste japonais nous a pris dans une douce balade, sur le rythmes des saisons qui changent dessinant une ambiance romantique ... Sur des airs tristes et d’autres joviaux, Takayuki Matsuda a fait rêver le public. Un discours musical finement tissé qui touche le cœur avant le corps... qui a communique, directement, avec l’âme. Sensibilité à fleur de peau et une parfaite harmonie ont ponctué la prestation de ce quintette qui partageait le même amour pour la musique mais surtout une passion ardente et unique pour la Japon. Œuvres traditionnelles avec compositions modernes et sonorités jazzy, se sont côtoyées, en parfaite symbiose, sur la scène du Palais Al Abdellia, affirmant la spécificité de ce jazz japonais mais aussi la réussite des jazzmen nippons qui ont réussi à mettre leur propre griffe sur cette musique, annonçant un nouvel ère. Ceux qui ont été, samedi soir, au Palais Al Abdellia à la Marsa, se souviendront bien de cette soirée qui éveille et purifie l’âme. “Ichico-Ichie”, chaque occasion est unique comme disaient les Japonais ! Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com