C.A. – Al Wahda (3-0) : Le chaud et le froid





Que dire finalement de cette confrontation de la Ligue arabe des champions, opposant les Clubistes de Tunisie à Al Wahda de Syrie, sinon qu’elle aura été celle de toutes les controverses? Et pour cause!

Les Clubistes ont vraiment frôlé… la correctionnelle avant-hier à El Menzah. Mais détrompez-vous cependant, car ils l’ont frôlé vis-à-vis de leurs supporters, et non pas face à un adversaire qui leur était supérieur.

Les gars de Bab Jedid ont été tout simplement hués et sifflés par leur propre public à la mi-temps. Un public manifestement déçu, mais également incapable de comprendre l’attitude de ses favoris et leur incapacité à forcer la décision devant un antagoniste qui n’avait que son courage à leur opposer, jouant pour ainsi dire la défensive à outrance!

Les protégés de Bertrand Marchand ont mis effectivement beaucoup de temps pour entrer dans un match qui leur tendait les bras, si on ose dire! Wissem Yahia, toujours loin de sa forme optimale, et ses partenaires ont adopté dès le départ une position attentiste, se perdant ainsi dans le dédale de l’approximatif.

Et comme leurs vis-à-vis n’ont pas voulu ou osé prendre le risque de sortir de leur coquille, se souciant plutôt de défendre leur zone, on a eu droit au cours de la période initiale à un simulacre d’un combat de béliomachie où les deux protagonistes se regardent de biais guettant le moindre geste de l'adversaire!

Deux seules éclaircies sont en effet venues subitement briller dans le ciel sombre des Clubistes, la première lorsque Foued Bouguerra allait amorcer une percée sur le flanc droit avant de servir intelligemment Borhane Ghannem dont le tir était contré in-extremis par la défense (30’), et la seconde à la suite d’un relais Sellami-Yahia-Sellami qui a permis à ce dernier de reprendre en force à l’orée des six mètres, acculant le gardien à s’en prendre en deux temps afin de se saisir d’une balle fuyante (35’).

Côté syrien on n’a enregistré qu’une seule tentative quand le tir de Maher Essayed à la suite d’un coup-franc a été difficilement dévié en corner par Ali Boumnijel (26’). Trop peu pour une formation clubiste, appelée à faire le plein avant le déplacement à Damas prévu dans un mois. Aussi, le courroux du public, au coup de sifflet de l’arbitre égyptien Ahmed Ouda annonçant la pause, était-il justifié et, pourquoi le nier, complètement mérité!


Coaching!

L’œil particulièrement infaillible du coach clubiste aurait décelé à temps les tares et les insuffisances de son ensemble, ce qui l’a poussé à rectifier le tir en lançant simultanément Moussa Poukong, le Clubiste le plus brillant ces derniers temps, et Maher Ameur dont c’était la première apparition après sa longue indisponibilité.

Ce changement allait donner plus de punch et plus de percussion à la ligne offensive, s’agissant néanmoins d’une amélioration tangible dans le rendement au front de l’attaque, sans pour autant parvenir à perforer le mur érigé devant le keeper Badreddine El Azour, lequel aurait à notre avis exagéré les simulations de blessures sous l’œil bienveillant du referee.

Ce qui explique par ailleurs qu’à l’heure du jeu le compteur du représentant tunisien soit demeuré désespérément figé à zéro! On sentait toutefois que la formation «rouge et blanc» pesait de plus en plus sur l’arrière-garde adverse, d’autant que Foued Bouguerra, soutenu désormais par Poukong et Ameur, allait se libérer de l’étreinte de ses anges-gardiens et trouver plus de liberté d’action.

Les hommes de l'entre-jeu ont également avancé d’un cran pour venir peser sur Houcine Kichani et ses partenaires. On poussait dès lors fort afin de les acculer à la faute.

La meilleure action de cette période allait se situer aux alentours de la (65’) à la suite d’une mêlée monstre devant la cage syrienne et au cours de laquelle la balle a voyagé dans une véritable forêt de jambes, avant d’être dégagée par la défense, mais pour échoir à Lassaâd Ouertani dont le tir légèrement dévié du bout des doigts du gardien est allé effleurer le montant gauche de ce dernier (65’).

En seize minutes!

C’était désormais parti pour un quart d’heure fou, fou, fou. Deux minutes plus tard, Foued Bouguerra pari à la limite du hors-jeu, allait crucifier le pauvre Badreddine El Azour d’une pichenette qui en dit long sur ses potentialités.

Le Franco-Algérien se réconcilie ainsi et avec les filets et avec son public qui commençait non pas à douter, mais du moins à s’impatienter (67’).

La réaction des Syriens trouvera Ali Boumnijel, bien placé pour annihiler deux tentatives de Mohamed Istambly et Koussay Habib. Ce fut tout de suite après au tour de Maher Ameur d’amorcer une percée dans l’axe, mais il était crocheté en pleine surface et obtenant un penalty transformé par Sellami (80’). Le même Maher Ameur ratera l’interception d’un centre de Zouheir Dhaouadi, fraîchement débarqué, mais Poukong a l’affût poussera le ballon au fond de la cage vide (82’).

En résumé, disons que les Clubistes ont soufflé le chaud et le froid. Ils ont su en tout cas profiter pleinement du fléchissement des Syriens apparemment à court physiquement…

Formations :

CA: Boumnijel, Bargougui, Gharzoul, N’janka, Zaâlani, Ouertani, Yahia, Ghariani (Poukon 46’), Sellami, Bouguerra (Dhaouadi 78’), Ghannem (Ameur 46’).

El Wahda: El Azourn Kichani, Istambly, Khalaf, El Aly, El Maoû, Alaya, Habib (Omar Khalil 77’), Zebdani (Ali Khalil 71’), Essayed, El Houcine (Torkmani 77’).

Mansour AMARA

______________________

Leurs Impressions

Bertrand Marchand (Entr. C.A.)

«Ça a été dur, jusqu’au premier but venu délivrer tout le monde. Il faut dire qu’en face nous avons trouvé une bonne équipe, bien organisée. On s’y attendait d’ailleurs, pour l’avoir vue à travers des enregistrements.

Mais si en défense et en milieu nous avons fait le nécessaire, en revanche nous n’avons pas été assez présents devant. Aussi, les changements ont-ils été salutaires, d’autant que les Syriens ont fléchi physiquement».

Mansour Haj Saïd (Entr. Al Wahda)

«Nous avons opté pour la prudence en renforçant la défense et l'entre-jeu. Nous sommes parvenus ainsi à contrecarrer le CA, qui n’a pas été percutant. Mais le premier but, entaché d’un hors-jeu flagrant, est venu nous couper littéralement les jambes et nous perturber. Nous avons été par ailleurs pénalisés par un manque de préparation. Mais, je demeure convaincu que la qualification n’est pas du tout compromise».

M.A.

Flash…Balles

L’équipe syrienne a foulé la pelouse longtemps avant le coup d’envoi, non seulement pour prendre connaissance avec l’ambiance qui régnait dans le stade, mais également afin de mener une légère séance de mise en train.

Comme à l’accoutumée, plusieurs chaînes satellitaires étaient présentes à travers des correspondants qui n’ont pas du tout chômé.

Cinq minutes avant le coup de sifflet initial de l’arbitre égyptien Ahmed Ouda, les gardiens étaient pratiquement vides, avec la présence d’environ trois mille spectateurs. Mais l’affluence s’est sensiblement améliorée par la suite.

Le coup d’envoi de la rencontre a été donné à 19h00 par l’arbitre égyptien Ahmed Ouda qui était secondé par ses compatriotes Aymen R’jich et Nasser Sadok, tandis que le quatrième arbitre était Fahim Omar.

Son Excellence l’ambassadeur de Syrie est allé saluer les responsables, le staff technique et les joueurs syriens, avant de prendre place à la tribune.

Un quart d’heure après le coup d’envoi, Bertrand Marchand a ordonné à Moussa Poukong de s’échauffer, mais le jeune Camerounais n’a effectué sa rentrée qu’après la pause, en même temps que Maher Ameur.

Déçu par le mauvais rendement de ses favoris, le public n’a pas hésité à siffler son équipe à la mi-temps.

Menés pourtant (3-0), les Syriens n’ont pas hésité à mettre la balle en touche en phase offensive (89’) pour permettre à Laâroussi Bargougui d’être évacué pour soins.

Un geste qui a été fort apprécié et applaudi par l’assistance.

M.A.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com