Education préscolaire : Les crèches et les jardins d’enfants de tous les abus…





Entre manque d’encadrement et non-respect des normes régissant les activités d’encadrement de la petite enfance, le secteur des crèches et des jardins d’enfants souffre d’une anarchie chronique.

Tunis-Le Quotidien
Les crèches et les jardins d’enfants poussent comme des champignons un peu partout. Paradoxalement, les parents optent de plus en plus pour la garde familiale. D’autres recourent aux services d’une «bonne» ou encore préfèrent laisser leur progéniture chez les voisins.
C’est que ces structures d’encadrement de la petite enfance semblent devenir depuis quelques années, le théâtre de tous les dépassements. «Cette année, j’ai décidé de ne plus emmener mon fils à un jardin d’enfants car je risque de trouver un «étranger» dans la maison. En deux ans, mon fils a appris des gros mots et des injures que même un adulte normalement conçu n’ose pas proférer», maugrée Ahmed C, professeur d’enseignement secondaire. De son côté, Fatma, mère de deux enfants âgés de 3 et de 5 ans tire à boulets rouges sur certains promoteurs de crèches et de jardins d’enfants qui réduisent cette activité en un commerce juteux. «Ces promoteurs font souvent appel à un personnel incompétent qui ne comprend rien à la psychologie de l’enfant sans compter l’exiguïté de l’espace et le manque de jeux éducatifs», peste-t-elle.

Augmentation continue

Les professionnels du secteur reconnaissent tous ces dépassements mais pointent un doigt accusateur vers le cahier des charges qui fixe les conditions d’ouverture des crèches et des jardins d’enfants. «Nous voulons contribuer à la réussite du programme national de création d’entreprises et encourager les jeunes diplômés à s’installer pour leur propre compte, mais le secteur souffre désormais d’un «dumping» pur et simple», précise Mme Najoua Haddad Sassi, membre du Bureau exécutif de la Chambre nationale des crèches et des jardins d’enfants. Et d'ajouter: «le cahier des charges a facilité les procédures d’ouverture. Conséquence: le nombre des institutions d’encadrement de la petite enfance va crescendo au moment où celui des enfants, politique de planning oblige, diminue».
Autre doléance des professionnels du secteur: la concurrence déloyale pratiquée par les «Kouttabs» dont les frais se scolarité se situent entre 5 et 10 dinars alors que ceux des jardins d’enfants et des crèches varient entre 20 et 150 dinars par mois en fonction de l’emplacement et du standing.
Du côté du ministère de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, on tente autant que faire se peut, de remédier à la situation. Un vaste programme de formation théorique et pratique des animatrices non diplômées de l’Institut supérieur de formation des cadres de l’enfance à Carthage Dermech sera, selon des sources dignes de foi, lancé dans les quelques mois à venir.
L’intérêt des autorités de tutelle se porte également sur la révision du cahier des charges relatif aux crèches. «Le problème est loin d’être une affaire de textes réglementaires. Il s’agit plutôt d’une affaire de contrôle rigoureux de ce secteur au sein duquel les textes de loi et la pratique se tournent complètement le dos»; conclut Mme. Haddad.

Walid KHEFIFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com