Musiqât : La Méditerranée fête Ramadan en Tunisie





Onze soirées de onze pays du pourtour méditerranéen agrémenteront notre Ramadan 2006 au Palais Ennejma Ezzahra de Sidi Bou Saïd, qui vient de doter le paysage artistique d’un nouveau festival, Musiqât.

Tunis - Le Quotidien
Jamais deux sans trois et le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes (CMAM) de nous gratifier d’un nouveau-né, Musiqât.
Qui va ponctuer l’année en cours par des notes traditionnelles et néo-traditionnelles, aux côtés de Jeunes Virtuoses et Couleurs Jazz. Cette dernière manifestation vient de clôturer sa cinquième édition il y a même pas cinq jours. C’était le 16 septembre pour être plus précis. Ces trois mini-festivals diffèrent par le genre, et à chacun son propre thème.
“Il s’agit d’une nouvelle et différente manifestation. Nous avons travaillé sur le thème de la musique traditionnelle et néo-traditionnelle. Les autres couleurs de métissage n’ont pas leur place dans cette manifestation. A l’heure où l'expression musicale standardisée domine de plus en plus l’univers sonore, et où les couleurs musicales locales tendent à disparaître sous l’influence grandissante de courants hégémoniques imposés par les multinationales de l’industrie-musicale, Musiqât offre une occasion propice de rappeler l'importance de la diversité culturelle aussi en matière de musique. Cette manifestation annuelle met en évidence l’innovation de la couleur musicale propre à chaque pays, voire chaque région, à travers une sélection de concerts de musiques traditionnelles (héritées) ou néo-traditionnelles (nouvellement créées dans le respect du langage musical traditionnel). Musiqât va donc combler un vide certain au niveau de la programmation musicale”, a notamment dit le directeur du CMAM, Mourad Sakli lors de la conférence de presse tenue hier à Ennejma Ezzahra. Il était entouré de son associé dans l’organisation, Mourad Mathari, le patron de Scoop Organisation et du canadien Michael Foley, directeur central des affaires commerciales et du marketing à Tunisie Telecom.
En effet, le luthiste Mourad Sakli ne badine pas avec la qualité. Pour lui l’art est sacré et il mérite tout combat et toute mobilisation. Ce que d’ailleurs a essayé de faire le CMAM depuis sa création en 1992. Les directeurs se sont succédé et tous ont tenté de garder intacte la qualité, et le public a souvent répondu présent. Pour Michael Foley, un mécène représentant Tunisie Telecom, il est important de : “protéger la culture et ne pas tomber dans la trappe de la musique unique et que tout le monde devienne pareil. Là c’est un vrai désastre et je suis séduit par l’idée que le monde vienne ici pour fêter Ramadan”.
Quant à Mourad Mathari qui trouve un plaisir de travailler avec Sakli et son équipe, il a exprimé le besoin du pays de créer une manifestation montée sur une cohérence et mathématique”.

Melting pot
Au total, onze concerts sont au programme de ce Ramadan qui va nullement nuire ni au festival de la médina ni à celui de l’Octobre musical. Car à chacun son public et à chacun ses spécificités. Les artistes sont de très haut niveau.
Ici on pense à l’ensemble Khaznadji de l’Algérie, à l’Ensemble Slim Baccouche de chez nous, au Musical Ensemble “Akouson De” grec, à Divna et l’Ensemble Melodie de la Serbie. L’Italie sera présente par Tara Bonda et sa voisine de France sera représentée par Fiume de l’Ile de Beauté.
L’Iran est aussi de la partie avec Maryam Akhondy et Banu. Du côté de Chypre, on attend les Michalis Terlikkha et leur troupe “Mousa”. Le flamenco andalou nous fait bien-sûr penser à l’Espagne, présente avec Esperanza Fernandez. De l’Azerbaïdjan, on aura Alim Qasimov et tout le charme de ce pays d’Islam de l’autre bout du monde. Cerise sur le gâteau : la maison du Baron aura le privilège d’accueillir Halil Karaduman le magnifique avec tout son trio.
Pour les intéressés de cette manifestation qui coûte la bagatelle de 200 mille dinars, ils peuvent à tout moment visiter le www.musiqat.com et écouter quelques morceaux musicaux de pur jus traditionnel. Le prix du billet est fixé à dix dinars pour l’adulte et cinq dinars pour les jeunes. “Ce sont nos prix de toujours et on n’a pas à augmenter le tarif. Car il s’agit d’une institution publique. Surtout qu’il y a le parking qu’on paie à 2 dinars.
La soirée va durer jusqu’à 80 minutes. Pour les concerts courts, on va profiter pour présenter des solistes qu’on désire encourager”, a dit Mourad Sakli en guise de clôture de la conférence. Il a souligné entre les lignes qu’il va y avoir un hommage à feu Abdelhamid Belaljia, et qu’en 2007, il y aura une autre manifestation réservée aux musiciens et à la création musicale.

Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com