Les Ciments d’Enfidha : Perspective de rating «négative» à long terme à cause du pétrole





L’agence de notation Fitch Ratings vient d’annoncer qu’elle a modifié de «stable» à «négative» la perspective de la note nationale à long terme BBB+ (tun) attribuée aux Ciments d’Enfidha. C’est la faute, essentiellement, à la hausse des prix du pétrole.

Cette modification reflète l’affaiblissement des marges de la société suite à l’accroissement du coût de l’énergie et la régression de ses cash flows résultant essentiellement de la transition au petroleum coke. Néanmoins, les ratios d’endettement et de couverture sont restés quasiment stables. Les ventes de la SCE en 2005 ont enregistré de nouveaux records grâce à une conjonction de facteurs favorables : un outil de production performant, une demande de plus en plus importante de la part de la Libye et de l’Europe qui a permis de compenser le ralentissement de la demande locale, des parts du marché local regagnées et l’augmentation des prix décidée du gouvernement. Néanmoins, le coût de plus en plus élevé de l’énergie a occulté cette performance commerciale et est responsable de la faible rentabilité d’exploitation.
SCE escompte réduire ses coûts de production grâce au passage au petroleum coke en janvier 2006. Le petcoke est moins cher que le fuel lourd et bénéficie d’incitations de la part du gouvernement. Par ailleurs, en mai 2006, dans sa perspective de libéralisation du marché, le gouvernement a autorisé une augmentation du prix du ciment de l’ordre de 7,5% et de celui de la chaux de l’ordre de 10%. Ces augmentations sont supérieures à celles autorisées auparavant. Ces facteurs, néanmoins, pourraient être insuffisants pour restaurer le niveau de rentabilité de la SCE.
En juin 2006, Cementos Portland Valderrivas SA, un groupe cimentier espagnol, a acquis 51% du capital du groupe Uniland. L’impact de ce changement d’actionnariat sur le profil de risque de la SCE, filiale à 88% du Groupe Uniland, est considéré à ce jour comme neutre.
Le niveau d’endettement attendu pour les trois prochaines années dépendra de la capacité de la SCE à améliorer ses marges et de son éventuel recours à des financements externes pour faire face à son programme d’investissement.
La SCE a une position de leader sur le marché tunisien du ciment avec une part de marché de 28,2%. Elle a été créée en 1976 par l’Etat tunisien. Depuis sa privatisation en 1998, la SCE est contrôlée à 88% par le cimentier espagnol Uniland, le reste du capital étant détenu essentiellement par la Banque Islamique de Développement (BID). Uniland appartient à 51% au groupe espagnol Cementos Portland Valderrivas SA. Ce dernier a réalisé un chiffre d’affaire de 978 Mio EUR en 2005 pour une marge nette de 312 Mio EUR.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com