Les jeunes et la débrouillardise : Chacun son astuce, «Système D» pour tous…





Certains jeunes sont vraiment débrouillards. Les obstacles ne les bloquent pas. Ils savent toujours comment s’en sortir. D’autres en revanche, ne sont pas aussi adroits et habiles. Ils s’engourdissent très vite et ne peuvent pas s’assumer seuls. Dans quelles catégories se classent justement les jeunes? Sont-ils prévenants et adroits ou se plantent-ils, au contraire, à la moindre épreuve?

Tunis - Le Quotidien
Nombre de jeunes gens semblent avoir été trop «couvés» durant leur enfance par les parents.
Les géniteurs semblent les avoir gardés sous leur aile trop longtemps. Ils n’ont jamais eu l’occasion de compter sur eux-mêmes. Ils se font accompagner pour aller à l’école et pour traverser la rue. Ils ont toujours été servis sur un plateau. Ils trouvent des solutions toutes faites à leurs petits bobos et se font aider pour faire leurs devoirs.
Même à un âge plus avancé, ces jeunes gens demeurent incapables d’assumer leurs responsabilités. Ils paniquent au moindre pépin et comptent sur leur entourage pour mener leur vie.
D’autres en revanche, ayant reçu une éducation plus libérale et ayant été poussés à prendre des initiatives, semblent avoir beaucoup plus d’adresse et d’habileté.
Ils ne connaissent pas les pannes. Très vite, ils arrivent à trouver une issue. Ils se débrouillent tant bien que mal pour dépasser les obstacles en ne comptant que sur leur propres ressources et moyens.
Abdelkarim Laâbidi, 22 ans, est un «vrai dégourdi». Le jeune homme sait subvenir à ses besoins sans jamais avoir à demander de l’aide. «Lorsque je n’ai pas réussi à avoir mon bac, j’ai opté pour une formation professionnelle en joaillerie. Maintenant, je gagne bien ma vie. Lorsque le travail ne marche pas comme je l’espère, je me débrouille pour ne jamais tomber en panne. Je minimise les dépenses, j’achète mes vêtements chez les fripiers et je trouve toujours de l’argent parce que je suis prévenant. Je mets toujours un peu d’argent de côté pour ne jamais être totalement à sec et pour ne pas être obligé de demander de l’aide aux autres. Pour ne pas faire des dépenses inutiles, j’essaye aussi de tout réparer moi-même. Certes, j’ai une spécialité de bijoutier, mais je peux me transformer en cuisinier, en électricien, en mécanicien... Tout cela me permet d’être vraiment indépendant», dit-il.
Tout comme Abdelkarim, Walid Ben Moussa, 23 ans, jeune commerçant, dit qu’il n’a jamais étéen panne. Le jeune homme sait comment se débrouiller pour éviter les pétrins. «Dieu merci, je n’ai jamais été dans une situation réellement embarrassante. Depuis ma petite enfance, j’ai toujours voulu mettre la main à la pâte. Il faut dire que je ne me débrouille pas assez bien quand j’ai affaire à des tâches féminines. Lorsque j’essaye de cuisiner, de repasser ou de coudre, c’est un fiasco! Mais pour le reste je me débrouille pas mal du tout. Je dois cela à mon père. Depuis mon plus jeune âge, mon père m’encourageait toujours à agir seul et à ne compter que sur mes propres ressources. Cela a fait de moi une personne débrouillarde qui sait assumer ses responsabilités», dit-il.
Ikram Hosni, étudiante, 22 ans, ne semble avoir aucun sens de la débrouillardise. Elevée dans une sorte de «nid douillet», la jeune fille a toujours été choyée, cajolée et bien servie. «Je suis la benjamine de quatre frères. J’ai été vraiment gâtée non seulement par mes parents, mais aussi par mes frères qui rêvaient tous d’avoir une petite sœurette. Ma famille m’a toujours couvée et entourée de sa plus profonde attention. Je comptais toujours sur mes parents pour résoudre même mes problèmes les plus infimes. Je ne sais pas ce que veut bien dire le mot responsabilité. A part mes devoirs d’études et quelques touches dans ma chambre, je ne fais presque rien. Je n’ai même pas besoin de bouger le petit doigt. Franchement, cette situation ne me déplaît pas du tout dans la mesure où je suis toujours servie comme une reine. Maintenant, je bosse pour réussir mes études. J’aurais un travail et je me payerais plus tard tout ce que je désire. Et même si je ne travaillerais pas, je compterais sur mon futur époux. Il faudrait qu’il s’occupe de moi et qu’il m’assure une sécurité matérielle, morale et affective», dit-elle.
Si Ikram semble être totalement indépendante de sa famille et bien chouchoutée, Mehdi Ben Jeddou, étudiant, 20 ans, est un jeune homme «responsable et débrouillard». «La débrouillardise permet à la personne d’être libre et de pouvoir s’assumer sans dépendre de qui que ce soit. Actuellement, je peux dire que je suis capable de tout faire tout seul. La seule chose qui me laisse dépendant de mes parents, c’est l’argent. Je suis encore étudiant et j’ai besoin qu’on me donne de l’argent. Et même su ce plan, j’essaye de me débrouiller. Je laisse toujours de l’argent de côté. Cela me permet de ne pas faire... la manche. J’ai horreur de demander de l’aide. En revanche, il m’arrive d’emprunter de l’argent auprès d’autres personnes. En cas de besoin, je trouve mon argent. A la maison, je suis un vrai bricoleur. Outre ma formation technique, je m’initie toujours pour réparer les petites pannes électroniques et mécaniques et je me débrouille plutôt assez bien», dit-il.

Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com