Tennis de Table Christian Martin (Instructeur de la FITT) : «Le manque de haut niveau est un lourd handicap»





Depuis quelque temps, la Tunisie est devenue le passage obligé des spécialistes, toutes disciplines confondues, qui sont invités au pays afin d’apporter leurs connaissances et leur vécu à nos techniciens.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la visite de Christian Martin, instructeur auprès de la Fédération internationale de tennis de table.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs?

Je suis entraîneur national à la Fédération française de tennis de table, depuis 1988. J’ai occupé le poste d’entraîneur des équipes de France garçons (1988-97), qui a coïncidé avec la génération de Philippe Gatien (Champion du monde à l’époque).
De 97 à 2000, j’ai entraîné l’équipe de France féminine.
A partir de 2000, je suis responsable de la formation des entraîneurs et je m’occupe, en même temps, de la détection des jeunes talents en herbe à travers toutes les régions de France.
En tant que joueur, j’ai fait partie de l’équipe de France jusqu’en 1988 et j’ai été classé parmi les 20 meilleurs pongistes du monde durant la période (1977-1982).

Dans quel cadre s’inscrit votre visite en Tunisie?

Je suis en Tunisie dans le cadre d’un stage de 1er niveau de la Fédération internationale et en même temps un stage de recyclage pour les entraîneurs tunisiens.
Je me suis appuyé, dans mes interventions, sur le programme de la fédération internationale, tout en y ajoutant d’autres éléments pour consolider ce travail.

Quelle idée portez-vous sur le tennis de table tunisien?

J’ai été agréablement surpris par la bonne motivation des entraîneurs présents au stage qui étaient très intéressés par tous les thèmes traités.
Toutefois, ils sont handicapés par le manque de connaissance de la compétition de haut niveau. J’ai essayé, pour ma part, de combler ce manque en leur donnant quelques informations sur le niveau mondial.

Justement, que manque-t-il au tennis de table tunisien pour atteindre un tel niveau?

En France, le niveau n’est plus ce qu’il était et il faut se remettre sérieusement au travail pour retrouver notre lustre d’antan. En Tunisie, le volume des entraînements est en deçà des normes existantes.
A titre d’exemple, en Chine, les jeunes de 6 à 7 ans s’entraînent à raison de 3 à 4 heures par jour. En Tunisie, ce rythme est suivi par les jeunes de 15 ans, d’où le décollage entre les 2 catégories d’âge.
Outre ce handicap, il faut être au fait du niveau mondial pour entraîner même des débutants et être ainsi au diapason de toutes les nouveautés de la discipline.
Ce n’est qu’à ce prix que le fossé entre le niveau local et celui international peut être réduit. Dans les sports individuels, y compris le tennis de table, il est toujours possible de former de grands champions. Encore faut-il pour cela les détecter assez tôt.
De plus, les entraînements doivent être axés sur une élite composée d’un ou de 2 joueurs les plus performants. J’ai visité le Centre national et j’ai constaté que les jeunes pongistes s’entraînent deux fois par jour comme en France ou en Chine.
L’essentiel est de ne pas prendre du retard pour repérer les jeunes talents qui doivent être pris en charge assez tôt. Une fois cette première marche franchie, tous les prémices de la réussite ne manqueront pas d’être au rendez-vous pour couronner tous ces efforts.

Moncef SEDDIK




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com