Par Abdelmajid CHORFI





Etrange métamorphose

Par quel sortilège une guêpe au dard redoutable peut se transformer en une nymphe à la parole apaisante ? Par quelle alchimie un faucon enragé peut se métamorphoser en une colombe portant fièrement un rameau d’olivier ?
Question difficile ! Contentons-nous d’en fournir une illustration ! Il s’agit de l’inénarrable Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères de son Etat (l’Etat hébreu s’entend !). Rappelez-vous. Il y a peine trois mois, elle serinait des propos malveillants à l’adresse de Mohamed Abbas. Cette responsable, censée en tant que diplomate peser et soupeser ses mots et ses gestes, n’avait pas hésité à traiter le président de l’Autorité palestinien ne de quantité négligeable. Il ne valait, pas tripette, à l’instar de tous ses concitoyens. Pis : elle l’a fourgué, en un tourne-main dans l’espère honnie des terroristes. Alors que de l’avis de tous — et même de Bush devant qui peut de personnalités trouvent grâce — Abbas est un homme de paix. Ne s’était-il pas opposé à Yasser Arafat au sujet de la militarisation de la deuxième Intifadha !
Qu’entendons-nous aujourd’hui de la bouche de Livni ? «Israël souhaite rouvrir un dialogue sérieux avec le président de l’Autorité palestinienne et œuvrer avec lui pour établir un Etat palestinien». Ainsi du jour au lendemain Abbas aurait troqué ses armes de destructions massives contre la panoplie du parfait pacifiste ! Bizarre comme a dit Jouvet.
Que ne nous a-t-on rebattu les oreilles avec l’allégation selon laquelle que les Arabes ne comprenaient que le langage de la force. Et si on inversait les termes de cette méprisante assertion ! Car sans l’échec essuyé au Liban, Israël n’aurait jamais affiché de telles dispositions conciliantes. A moins que tout cela ne soit un méchant traquenard.

Un remake détestable

Une radio somalienne vient d’être récemment réduite au silence. Raison invoquée : diffusion de programmes musicaux. Et comme la musique est considérée, chez les intégristes, comme un produit «susceptible, de pervertir les auditeurs et de propager l’immoralité ! On aurait souhaité qu’on invoque une autre raison. Qu’on dise par exemple que la musique actuelle porte atteinte au bon goût musical par ce qu’elle n’a comme objectif que de susciter chez l’auditeur la rage de se trémousser et de se déhancher.
Mais non ! Ce n’était pas pour cette raison louable que le couperet est tombé sur cet art. Le terme d’immoralité est lourd de sens et porteur de tous les interdits. Tout cela ne vous rappelle-t-il pas un certain mouvement Taliban qui, aussitôt au pouvoir, s’est empressé de jeter l’anathème sur la musique ? On connaît la suite. Les interdictions s’étaient mises à pleuvoir comme une pluie de sang. Interdiction aux femmes de circuler dans la rue sans le port du voile, interdiction pour elles de fréquenter les bancs du savoir etc.
Les milices islamiques de Somalie sont-elles en train de nous proposer un remake de ce détestable scénario ? Auquel cas on serait tenté de croire en une fatalité du fanatisme qui s’attelle à gommer le versant divin de l'humain. Ce versant qui porte la religion musulmane, non à favoriser l’injustice et l’arbitraire, mais à accomplir sa vraie vocation, celle que recèle le Coran sous le beau vocable de miséricorde et de clémence.
Puis n’y a-t-il pas urgence à priver de tout prétexte pouvant servir leur dessein ceux qui dans le monde travaillent à plier à leurs volontés le monde arabo-musulman. Les manifestations d’extrémisme font le lit de leurs homologues de l’autre camp.
Et comment ne pas parler d’un autre exemple aussi indigeste ? L’attaque d’églises dans les Territoires occupés, en réaction contre propos du pape Benoît XVI sur l’Islam, ne peut qu’apporter de l’eau au moulin de ceux qui ont l’Islam dans leur collimateur.

Abdelmajid CHORFI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com