Enseignement privé : Ruée sur les écoles primaires…





Le secteur de l’enseignement primaire privé semble avoir le vent en poupe. C’est que les parents ne lésinent pas sur les sacrifices par souci d’excellence ou encore par conformisme bourgeois.

Tunis - Le Quotidien
Les écoles primaires privées fleurissent un peu partout et attirent de plus en plus les petites culottes. Rien qu’à la rentrée scolaire 2006- 2007, huit nouvelles écoles ont ouvert leurs portes portant à 65 le nombre d’établissements primaires privés. Le nombre d’élèves inscrits dans ces établissements est estimé cette année à 15 mille. Autant dire qu’on est bien loin de la situation peu envieuse des établissements secondaires et des universités privées qui continuent à être perçus comme des «bouées de sauvetage» servant à récupérer les élèves nuls exclus par les établissements étatiques.
Les parents qui optent pour les écoles privées le font souvent par quête de qualité et d’excellence. «A mon avis le niveau n’a pas cessé de baisser dans les écoles primaires étatiques. Ceux qui veulent que leurs enfants deviennent des hauts cadres et de véritables génies devraient consentir des sacrifices en les inscrivant dans les écoles privées. Après tout, la qualité a un prix», souligne Mme Sonia M’barek, jeune maman, Ismaïl B., père de deux filles âgées de 8 et 5 ans estime que les écoles primaires privées sont devenues un modèle d’excellence en dépit de leurs prix prohibitifs qui s’accommodent mal avec le pouvoir d’achat de la classe moyenne. «Les idées reçues selon lesquelles l’enseignement privé ne sert qu’à repêcher les cancres, sont fausses. Les écoles privées ne délivrent plus des diplômes privées ne délivrent plus des diplômes sans effort. Le contraire est vrai», indique-t-il.

Qualité totale
Depuis quelques années, la Direction de l’enseignement privé relevant du ministère de l’Education et de la formation veille à la bonne marche des prestations et contrôle les équipements et les programmes. Mieux, les textes règlementant le secteur exigent que 26% des enseignants au moins soient permanents. Une bonne partie du corps enseignant devrait être composée de maîtrisards et d’instituteurs ayant le niveau Bac+2. Conséquence: les résultats enregistrés dans ces écoles privées dépassent de loin ceux des établissements étatiques. A cet égard, Mme Ramla Chemli, présidente de la Chambre nationale de l’enseignement primaire privé et directrice d’une école primaire privée de la place explique la bonne santé qu’affiche le secteur par la qualité de l’enseignement. «L’encadrement des élèves dans les écoles privées est nettement meilleur que celui qu’offrent les établissements étatiques. Les cours d’anglais et d’informatique sont généralisés à toutes les classes. Le nombre d’élèves par classe ne dépasse pas une vingtaine d’enfants», précise-t-elle. Et d’ajouter: «Les professionnels du secteur ont compris qu'il ne faut pas «mercantiliser» le savoir et le réduire à une simple affaire juteuse».
Toujours est-il que la qualité de l’enseignement n’explique pas, à elle seule, la ruée sur les écoles primaires privées. «Une minorité de Tunisiens inscrivent leurs enfants dans les écoles privées par simple conformisme bourgeois», note un instituteur sur un ton ironique. Quoiqu’il en soit, l’essor que connaît le secteur de l’enseignement primaire privé montre que la qualité paie. Une voie à méditer par les professionnels des secteurs de l’enseignement secondaire et supérieur privé qui semblent avoir du plomb dans l’aile.

Walid KHEFIFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com