Les jeunes et l’emploi du temps ramadanesque : Doucement le matin, plein gaz le soir





Ramadan est là. Ce mois saint coïncide cette année avec le tout début de l’année scolaire et avec le démarrage de certains cours universitaires. Les jeunes devraient se familiariser, l’espace d’un mois, avec un nouveau rythme. Comment les jeunes gens meublent-ils justement leur temps durant le mois de Ramadan ?

Tunis — Le Quotidien
Les jeunes rompent généralement avec nombre de leurs habitudes durant le mois de Ramadan. L’horaire des cours change, ils sont redevables de s’adapter à un nouveau rythme de travail. Certains multiplient l’école buissonnière durant ce mois. Leur alibi : le manque de sommeil. Ils vivent le soir et dorment pendant la journée !
D’autres continuent à aller normalement à l’école et tâchent de se concentrer même s’ils se sentent quelque part assoupis. Et entre les uns et les autres, il y a ceux qui se contentent de marquer leur présence tout en faisant preuve d’un grand absentéisme. C’est après avoir fait le... «plein», qu’ils ouvrent l’œil et qu’ils retrouvent leurs forces.
Chacun d’entre eux meuble son temps selon sa nature, son état physique et psychique et ses propres aspirations. Comment vivent-ils justement le mois de Ramadan ?
Ahmed Boufarès, étudiant de 20 ans, prépare sa rentrée. Ses cours démarreront le premier octobre. Le jeune homme pense que les choses ne vont pas être aussi difficiles. «J’aurais à supporter seulement trois semaines de jeûne avec les études. La première semaine de Ramadan, je suis encore en vacances et je pense que le mot d’ordre sera : ‘‘dodo’’. Je vais profiter pour dormir comme il faut pour ne pas avoir plus tard une ‘‘carence’’ en sommeil. Par ailleurs, j’ai pris l’habitude durant les mois de Ramadan d’aller étudier tout en essayant de me concentrer le ventre vide. Après les cours, je fais un tour au centre-ville, j’achète quelques confiseries, du pain spécial avec mon argent de poche et je rentre à la maison. Contrairement aux autres jours de l’année, durant le mois de Ramadan, je mets la main à la pâte. J’aide ma mère à lever la vaisselle, à préparer des entrées ou à mettre la table. D’ailleurs, chaque membre de la famille fait quelque chose. Après la rupture du jeûne, je regarde un peu la télé, ensuite je sors faire un petit tour», dit-il.
Atef Bouchichi, étudiant de 21 ans, n’est pas encore à l’université. Il s’apprête à la rentrée dans deux semaines». «Durant Ramadan, j’essaye d’aller tôt à l’école. Généralement, je rate toujours le premier cours de la matinée. J’arrive en retard parce que je m’endors tard et il m’est vraiment difficile de me réveiller de bonne heure. Après les cours, je fais un tour, j’achète quelques gourmandises et je reviens à la maison. Je regarde un peu la télé ou je joue sur mon ordinateur. Une heure avant la rupture du jeûne, j’aide dans la cuisine. La première quinzaine, je reste plus à la maison pour regarder la télé avec la famille et de temps à autre je vais au café du coin. Durant la deuxième quinzaine, je sors beaucoup plus, je fais des tours au centre-ville, je vais au café et je me balade», dit-il.
Kaïs Messaoudi, candidat au bac de 20 ans, suit un rythme bien précis durant Ramadan. Le jeune homme ne se sent pas déconcentré lorsqu’il a le ventre vide. Il va normalement à l’école et reste alerte. «Je me réveille tôt, comme d’habitude, je vais étudier et je reste concentré d’autant plus que cette année je passe le bac. Après l’école, je rentre, je joue au football avec les amis du quartier. Ensuite, je reviens à la maison et je prends une douche. Si j’ai sommeil, je m’endors un peu pour récupérer. Après je regarde la télé jusqu’à l’heure de la rupture du jeûne. Le soir, je reste à peu près une heure à la maison à regarder la télé avec la famille, puis je sors. Je vais à la médinapour boire un verre de thé à la menthe et apprécier l’atmosphère typiquement tunisienne, typiquement ramadanesque et entièrement arabe que j’oublie durant l’année», dit-il.
Hichem Hammami, candidat au bac de 20 ans, garde aussi toute son énergie. Après l’école, il déambule avec les copains. «Après les cours, je reste avec les amis pour jouer aux cartes, histoire de passer le temps. Ensuite, je rentre pour réviser et préparer mes devoirs. Il m’arrive aussi de jouer au foot dans le quartier ou de zapper... Toutefois, je boude les chaînes occidentales et les chaînes des clips durant Ramadan. Je prends une heure de sieste avant la rupture du jeûne. Le soir, je sors directement pour aller au café, je joue aux cartes avec les amis et je rentre vers 23 heures pour manger et dormir», dit-il.

Abir CHEMLI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com