Le poisson de… septembre !





A la veille du démarrage de la 24ème édition du festival de la Médina, une question brûle toutes les lèvres : où est passé l’ancien directeur ?

Lundi soir à Dar Lasram, le nouveau directeur du festival de la Médina, Hédi Mouhli, a réuni certains des artistes tunisiens programmés à la 24ème édition prévue du 29 septembre au 18 octobre 2006, pour un brin de causette avec les gens de la presse.
Ce fut une sorte de réception, «Lemma» pour faire tunisois, agrémentée de quelques pâtisseries traditionnelles. Pas de présentation donc, ni d’explication sur la programmation, les nouveautés de la session s’il y en a, les présents, les absents, etc.
Bien qu’on nous ait distribué un dossier de presse à la sortie, cela n’avait rien d’une conférence de presse. Pendant la rencontre, une question brûlait toutes les lèvres : où est Mokhtar Rassaâ, fondateur et directeur du festival depuis 23 ans et dont le nom est «intimement» lié à la manifestation ? Inexplicablement, la question était éludée. L’intéressé n’était pas là pour y répondre.
Le nouveau directeur, tiré à quatre épingles, a tout fait pour éviter de clarifier les circonstances de la passation comme s’il s’agissait d’un secret d’Etat. Si on voulait démentir ainsi l’existence d’une «affaire Rassaâ», on s’y est à l’évidence très mal pris. Car on ne peut noyer un (gros) poisson nommé Rassaâ en évitant d’expliquer les raisons de sa mise à l’écart. Le mutisme n’arrange pas la situation et ouvre la porte aux supputations et aux rumeurs.
Il serait, dit-on encore membre du comité directeur. Pourquoi se cache-t-il et refuse-t-il de répondre aux questions de la presse ? Certains de ses proches prétendent qu’il a d’autres projets, notamment une proposition pour diriger un festival similaire dans un pays arabe. Mais là aussi, l’information est pour le moins tronquée. Quel festival ? Où ? Quand ? Mokhtar Rassaâ aurait-il choisi lui-même de prendre du recul après 23 ans de présidence non stop ? Si c’est le cas, il nous doit quelques éclaircissements. Car il ne peut nous fausser compagnie sans crier gare ni s’expliquer, lui qui s’est «imposé» à nous, positivement parlant, 23 ans durant, au point qu’il nous est difficile d’imaginer Ramadan et le festival de la Médina sans lui.
Pour toutes ces raisons, la 24ème session démarrera dans quarante-huit heures avec un handicap de taille : le manque d’information sur les changements intervenus à la tête du festival et à quelques semaines seulement de son démarrage, alors que le programme était presque achevé.

Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com