Nouvelle série d’attaques meurtrières : L’Irak sombre dans le chaos





L'irak a été secoué hier par une série d'attaques qui ont fait des dizaines de morts, notamment parmi les forces de l'ordre, au moment où le commandement américain affirme que le nombre d'attaques suicide n'a jamais été aussi élevé depuis 2003.

Le Quotidien-Agences
Un kamikaze a fait exploser hier son minibus bourré d'explosifs devant un poste de contrôle militaire de Bagdad, tuant deux soldats et en blessant onze autres ainsi qu'un civil. L'attaque s'est produite dans le quartier de Chaab habité par une population à majorité chiîte.
Une seconde voiture piégée a explosé une demi-heure plus tard dans le quartier mixte sunnite-chiîte de Bayaa, dans le sud-ouest de la capitale, blessant deux personnes.
Par ailleurs, sept personnes ont été tuées et 29 blessées dans l'explosion presque simultanément de deux voitures piégées, à la mi-journée, dans le centre de Bagdad, a-t-on appris auprès de la police et des services hospitaliers.
Les véhicules avaient été placés à proximité l'un de l'autre, rue Saadoun, non loin d'un poste de police. Quelques instants seulement après l'explosion de la première voiture, la seconde a sauté de façon à faire le maximum de victimes parmi ceux venus apporter secours aux victimes de la première explosion.
La police a d'autre part annoncé la découverte de 15 nouveaux corps à Bagdad dans la nuit de mercredi à jeudi. Mercredi 45 corps avaient été découverts dans douze quartiers de la capitale. Ces corps ont souvent les mains et les pieds liés et portent la marque de tortures. La responsabilité de ces exécutions est généralement attribuée à des escadrons de la mort chiîtes.
D'autres attaques et incidents ont eu lieu hier matin, notamment à Baaqouba, où trois personnes, dont un officier de police, ont été tuées, selon la police.
Un tir de mortier sur le quartier d'Abouchir de Bagdad (sud) a fait 5 blessés, et à Samarra, trois tirs de mortiers sur le centre de la ville ont fait 5 blessés.

Sombre tableau
Ces attaques interviennent au lendemain des déclarations du porte-parole de la force multinationale, le général William Caldwell, qui a affirmé que le nombre d'attaque suicide au cours de la semaine écoulée, la première semaine du mois du ramadan, est le plus élevé depuis le début de la guerre, en mars 2003.
"Nous venons de passer une semaine difficile", a-t-il déclaré à la presse.
Dressant un sombre tableau de l'état de la sécurité, le général Caldwell a déclaré que "les meurtres et les exécutions sont actuellement la première cause des décès de civils à Bagdad".
Au cours des derniers mois, les forces américaines et irakienne ont mis en œuvre un plan de sécurité à Bagdad pour sortir la capitale du cycle de violences intercommunautaires qui opposent sunnites et chiîtes.
Toutefois, selon des responsables militaires américains qui observent la situation à Bagdad, il y a des indications que les groupes armés reviennent dans des quartiers d'où ils avaient été éloignés, et commettent de nouveaux actes de violence.
Selon un sondage de l'Université américaine du Maryland (Etats-Unis) réalisé au début du mois de septembre, une large majorité d'Irakiens (71%) veut le départ des troupes américaines d'Irak d'ici un an.
Une large majorité des 1.150 Irakiens interrogés (78%) pense aussi que la présence américaine provoque davantage de violences que le contraire. Seuls les Kurdes estiment majoritairement (56%) que les troupes américaines sont une force stabilisatrice. Par ailleurs, le réseau terroriste Al-Qaïda est très largement rejeté (94%), mais dans une moindre mesure chez les sunnites qui sont 23% à avoir un jugement favorable.
Les dirigeants irakiens ont cependant constamment déclaré que la force multinationale est en Irak avec leur accord et qu'elle est nécessaire actuellement à la stabilité du pays.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com