Dossier nucléaire : L’Iran maintient une ligne dure





Washington d'accord pour patienter, mais pas trop

L'Iran a affirmé hier sa détermination à poursuivre ses activités nucléaires sensibles alors que côté américain, l'administration Bush a fait savoir sa disposition à attendre la fin de l'actuelle raound de discussion entre l'Iran et l'UE tout en souhaitant un délai "court".

Le Quotidien-Agences
Le président américain George W. Bush s'est déclaré d'accord pour que les Européens aient plus de temps pour tenter de convaincre l'Iran de suspendre son programme d'enrichissement nucléaire, tout en souhaitant un délai "court", dans un entretien publié hier.
Interrogé par le Wall Street Journal sur le délai dont pourraient disposer les négociateurs européens, le président Bush a répondu "plutôt court que long, pour être sûr que ces discussions ne sont pas une tentative (de l'Iran) de gagner du temps jusqu'à ce que nous perdions tout intérêt pour le sujet".
Interrogé sur la possibilité d'un nouveau délai accordé à l'Iran jusqu'à la fin décembre, le président Bush a déclaré dans cet entretien: "J'espère vraiment que non".
"J'ai parlé à la secrétaire d'Etat (Condoleezza Rice) de ce sujet, elle est d'accord avec moi pour que nous donnions aux Européens du temps pour voir si les Iraniens vont ou non faire le bon choix en ce qui concerne une suspension vérifiable" de leur programme d'enrichissement.
"Dans le même temps, a-t-il ajouté, elle travaille avec eux pour être sûre que ce processus ne peut pas durer indéfiniment".
Mercredi et jeudi, le négociateur en chef du nucléaire iranien, Ali Larijani, et le représentant de la diplomatie européenne, Javier Solana, se sont rencontrés à Berlin sans parvenir à un accord même si les deux hommes sont convenus d'avoir un "nouveau contact" la semaine prochaine.
Les discussions visent à obtenir de l'Iran qu'il suspende son enrichissement d'uranium, comme le lui a ordonné une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Mais Téhéran a jusqu'à présent refusé.

Droit de la nation
Le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki a indiqué hier que son pays ne voyait "aucune raison" de suspendre ses activités nucléaires.
"L'Iran ne voit aucune raison pour suspendre ses activités nucléaires", a indiqué le ministre cité par la télévision, en allusion à l'enrichissement d'uranium.
Mottaki a en outre réaffirmé que son pays "n'utilisera pas le pétrole comme une arme politique" dans son bras de fer avec l'Occident.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré jeudi que l'Iran "ne cèdera pas d'un pouce face à la pression et à la force".
"Pourquoi insistent-ils pour que nous suspendions (l'enrichissement, ndlr) même pour un jour et pourquoi devrions nous suspendre même pour un jour?", a interrogé le président, dans son discours devant quelques milliers de personnes.
Selon lui, les grandes puissances qui "contrôlent le réseau mondial des médias" cherchent ainsi à se targuer d'une victoire sur l'Iran, qui l'"empêchera de reprendre (l'enrichissement), avec l'aide de la propagande mondiale".
Mercredi, Ahmadinejad avait averti qu'aucun Iranien n'était autorisé à céder le "droit de la nation" à l'enrichissement d'uranium.

Khatami : Pas d'autre voie que la négociation

Le Quotidien-Agences
L'ancien président iranien Mohammad Khatami estime qu'il n'y a pas "d'autre voie que celle de la négociation et du compromis" dans la crise nucléaire, et que son pays peut jouer un rôle de stabilisation en Irak, en Afghanistan et au Liban.
"L'Iran ne veut nullement l'arme nucléaire, au cours des négociations le monde entier en sera convaincu", a assuré l'ex-président réformateur dans un entretien au quotidien français Le Monde.
Pour Khatami, "il n'y a pas d'autre voie que celle de la négociation et du compromis" entre Téhéran et les grandes puissances, malgré "l'entêtement américain".
“De même, toute condition préalable rend difficile les négociations", a déclaré l'ancien président.
Khatami a aussi assuré que l'intérêt de l'Iran était "de faire régner la paix" dans la région.


Selon des experts : L’Iran calquerait sa stratégie nucléaire sur celle d’Israël

Le Quotidien-Agences
Dans la mise en œuvre de son programme nucléaire, l’Iran semble calquer sa stratégie sur celle qu’avait utilisée son ennemi déclaré Israël pour se doter de l’arme atomique sans l’avoir jamais admis.
«Hasard ou non, des éléments de ressemblance existent entre la façon dont l’Iran poursuit aujourd’hui son programme et celle dont Israël le poursuivait dans les années 1960», estime Avner Cohen, auteur d’un ouvrage faisant autorité intitulé Israël et la bombe.
Selon Cohen, les programmes nucléaires iranien et israélien ont en commun secrets, dissimulations, ambiguïtés, double langage et démentis.
La stratégie probable de l’Iran est de faire croire qu’il produit ou est proche de produire secrètement des armes atomiques, sans en tester ni confirmer qu’il en a ou qu’il est près d’en avoir.
C’est ce qu’avait fait Israël, qui a lancé son programme militaire secret à la fin des années 1950 sur le site de Dimona, dans le désert du Néguev. Depuis lors, il n’a jamais ni confirmé ni démenti avoir la bombe atomique.
Avec l’Iran, les services secrets se sont remis à supposer, soupeser, tenter de deviner où en est le présumé programme militaire secret de l’Iran, dont Téhéran nie l’existence.
Mais une des différences notables entre les programmes nucléaires israélien et iranien est le contexte international : à l’époque du premier, les États-Unis avaient fermé les yeux.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com