Critiqué par les Etats-Unis : Maliki s’en prend à Bush et le qualifie de «faible»





Mis sous pression par le président américain, le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki a durement réagi en affirmant que Bush n'a jamais été aussi faible qu'aujourd'hui. Il a par ailleurs indiqué que l'armée américaine peut être "considérablement" réduite en Irak.

Le Quotidien-Agences
Le président américain George W. Bush, défait par les démocrates lors des récentes élections aux Etats-Unis, n'a "jamais été aussi faible qu'aujourd'hui", a affirmé le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki dans une interview hier au Corriere della Sera.
"Je comprend que l'actuelle administration américaine se trouve en grave difficulté après la défaite électorale d'il y a deux mois. Jamais comme aujourd'hui je n'ai senti la faiblesse de George W. Bush", a déclaré le dirigeant irakien dans cette interview accordée à plusieurs quotidiens, dont le Corriere della Sera, le Times de Londres et le Washington Post.
"J'ai l'impression que ce sont eux à Washington qui touchent à leur fin, et non nous ici à Bagdad", a ajouté Al-Maliki.
C'est la première fois que le Premier ministre irakien, critiqué par les Etats-Unis pour ses faibles résultats, attaque aussi durement l'administration américaine.
"Il me semble que Bush est en train de capituler sous le poids des pressions internes. Peut-être qu'il a perdu le contrôle de la situation. Et j'en suis désolé car George Bush a généralement un caractère fort", a poursuivi le dirigeant chiîte.
Maliki a également rejeté les propos tenus par la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, lors d'une audition devant le Congrès, selon lesquels le gouvernement irakien était "en sursis".
"Je voudrais conseiller à Condoleeaza Rice d'éviter des déclarations qui ne peuvent aider que les terroristes", a-t-il dit, estimant que "la situation serait bien meilleure si les Etats-Unis avaient immédiatement envoyé à nos forces de l'ordre des armes et des équipements adéquats".
L'administration américaine est réticente à envoyer de grandes quantités d'armes car certaines d'entre-elles finissent entre les mains des insurgés.
En dépit de ses dures critiques envers l'administration américaine, Al-Maliki a estimé que "grâce" aux Etats-Unis la population irakienne "vit dans un climat de liberté et de démocratie, toujours en construction cependant".
"Nous allons donner la chasse à toutes les milices, sans aucune distinction. Il n'y aura pas de discriminations ou de préférences", a en outre assuré le dirigeant irakien soupçonné de favoriser les chiîtes.
Concernant le nouveau plan du président américain visant à renforcer les troupes américaines en Irak, al-Maliki n'a pas exclu son succès et la possibilité de réduire de manière importante dans "trois à six mois" le nombre de militaires USA dans son pays.
"Maintenant nous devons voir comment cela fonctionnera sur le champ. Mais nous ne pouvons pas exclure que la situation puisse grandement s'améliorer de manière à permettre, dans un délai compris entre trois et six mois, le retrait d'un nombre important de troupes américaines", a-t-il dit.
Le Premier ministre irakien s'est dit confiant concernant l'avenir de son pays.
"Je ne crois absolument pas que nous finirons dans une guerre civile. La cohabitation pacifique a toujours triomphé dans le passé et je suis convaincu que nous battrons les extrémistes", a-t-il dit.
"C'est cela notre plan: faire la guerre aux terroristes, toujours et partout, quel que soit le temps que cela demandera. Et si nous échouons une fois, nous poursuivrons quand même", a conclu le Premier ministre irakien.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com