Illustrant l’isolement croissant de la Maison Blanche : Le Sénat américain saisi d’un texte condamnant le plan Bush





Le Quotidien-Agences
Des sénateurs américains ont déposé avant hier soir un projet de résolution jugeant "contraire à l'intérêt national des Etats-Unis" le déploiement de troupes supplémentaires en Irak, dont la Maison Blanche a aussitôt promis de ne tenir aucun compte.
"Le président (Bush) a des obligations en tant que commandant-en-chef. Et il agira et les honorera", a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche Tony Snow, au moment même où deux sénateurs démocrates, accompagnés d'un collègue appartenant au parti républicain de Bush, présentaient leur projet de résolution.
Ce texte non contraignant, qui devrait être prochainement mis aux voix par le nouvel état-major démocrate du Sénat, stipule notamment que "les Etats-Unis devraient transférer au gouvernement irakien et aux forces de sécurité irakiennes, dans le cadre d'un calendrier fixé rapidement, la responsabilité en matière de sécurité intérieure et de mettre un coup d'arrêt aux violences confessionnelles en Irak", selon le texte.
Cette initiative illustre l'isolement croissant de la Maison-Blanche, alors que l'opinion rejette massivement sa stratégie pour l'Irak, également très contestée dans le camp républicain.
Le projet de résolution a été déposé par les démocrates Carl Levin et Joseph Biden, présidents des commissions des Forces armées et des Affaires étrangères, et le républicain Charles Hagel, sévère critique de la guerre en Irak. La semaine dernière, Hagel avait qualifié le plan Bush de "pire erreur" de politique étrangère depuis la guerre du Vietnam.
La sénatrice Hillary Clinton, catégoriquement opposée à ce que les effectifs militaires soient portés de 132.000 à plus de 150.000 hommes, a annoncé un projet de loi visant à plafonner le déploiement américain à son niveau du 1er janvier, avant un retrait graduel.
"Je suis en faveur d'une phase de redéploiement hors de Bagdad, puis hors d'Irak et ainsi nous pouvons être sûrs qu'ils (les soldats américains) ne se retrouveront pas pris au milieu d'une guerre civile", a dit la probable candidate à la présidentielle de 2008.
"Il est temps (...) d'agir de façon significative pour arrêter la proposition" de la Maison-Blanche, a aussi déclaré le sénateur Chris Dodd, déjà en lice pour 2008, qui suggère que toute "escalade" de l'engagement américain soit soumise à un feu vert explicite du Congrès.
Un autre candidat à la présidentielle, l'ex-sénateur John Edwards, pousse de son côté pour une solution plus drastique.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com