Corriger les errements de la mondialisation





Naïrobi, la capitale du Kenya accueille à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 25 janvier courant, le 7ème Forum social mondial qui se tient pour la première fois en totalité en Afrique. Ce forum, considéré comme la grande messe annuelle des opposants à la mondialisation néo-libérale, va réunir cette année plusieurs dizaines de milliers de personnes selon les organisateurs qui ambitionnent de mieux impliquer les populations africaines et de proposer des actions concrètes. L’organisation, pour la première fois, de cette manifestation en Afrique revêt, à bien des égards, un intérêt et un sens très particuliers.
Il ne fait aucun doute à cet effet que le continent noir figure en tête de liste des régions qui ont le plus subi les effets pervers de la mondialisation. Une globalisation qui s’est développée contre et malgré tout, au détriment des populations les plus vulnérables et qui a davantage accentué les innombrables problèmes latents du continent africain.
Un continent, ravagé par le sida et les épidémies de toutes sortes, laminé par la pauvreté et la famine et saigné à blanc par les conflits et les guerres.
Les marginalisés du nouvel ordre mondial vont donc donner de la voix pour stigmatiser une situation intenable dont ils sont victimes et explorer de nouvelles voies à même de les extirper des affres de l’indigence et du sous-développement.
Partant de l’évidence qu’on ne peut être mieux servi que par soi-même, les Africains doivent d’abord compter sur leurs propres moyens pour donner corps à leurs ambitions légitimes de briser le joug de la dépendance et partant se faire une place au soleil. Continent de tous les paradoxes, l’Afrique qui recèle d’innombrables ressources et richesses est certainement capable de relever avec succès les défis présents et à venir, pour peu que ses leaders et ses élites intellectuelles consacrent la raison et canalisent leurs énergies vers un mieux-être collectif.
Il n’empêche que l’Afrique a aussi un besoin urgent du soutien et de l’aide active de l’ensemble de la Communauté internationale et particulièrement les pays riches pour sortir de ce mauvais pas. Le Forum économique mondial de Davos, l’autre messe annuelle des grands argentiers de la planète, qui démarre mercredi prochain, gagnerait à l’évidence à corriger les errements de la mondialisation qui menace réellement la stabilité de la planète. Le phénomène de l’émigration clandestine qui fait boule de neige et l’insécurité qui en découle, ne sont que la conséquence directe d’un libéralisme à tout crin et à visage inhumain qui a accentué de manière criarde et outrancière les disparités entre le Nord et le Sud. A Davos, les décideurs de la politique et de l’économie mondiales ne doivent point perdre de vue que la marginalisation est le terreau fertile des dérives extrémistes et jusqu’au-boutistes et que la solidarité entre les peuples est la seule voie passante pour jeter les bases d’un monde équilibré et moins sujet aux tensions.

Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com