Exposition annuelle de l’UAPT : Le fond du problème, un problème de fonds





Du côté du bureau de l’Union des Artistes plasticiens tunisiens (UAPT) à la Maison Ibn Khaldoun, on s’affaire. Il ne reste que quelques semaines pour la manifestation la plus en vue de l’année, qui plus est, avec des invités de Monaco pour 2007. Mais le maigre budget pose un réel problème ...

Le bureau de l’Union chapeauté par l’artiste-peintre et universitaire Mongi Maâtoug qui a succédé Samy Ben Ameur depuis déjà une année, se prépare, et il est grand temps, pour l’Exposition annuelle 2007.
“Nous avons mis pour cette session un support de travail avec le thème : “Cité et Société”, tout en laissant libre cours à un discours ouvert à toutes les expressions et interprétations ...”, raconte le président de l’UAPT qui ne nous a pas paru très bien dans sa peau. Et pour cause : le fait de ne pas publier l’an dernier un catalogue comme d’habitude le dérange. “Quand on a, avec les moyens du bord, saisi sur le numérique (avec 2,500 mille dinars) et mis le tout sur CD avec encore deux mille cinq cents dinars, on a laissé au moins une trace. Mais ça n’a pas marché et le CD à côté d’un catalogue ne vaut absolument rien. Nous gardons encore le document de la session 2006 et nous souhaitons avoir quelques fonds pour le mettre en forme et le sceller dans une belle jaquette”, ajoute l’artiste, qui n’a pas dérogé à la règle dans le calendrier en fixant la date de l’expo à la mi-février jusqu’à la mi-mars. Mais qui a pensé à seulement deux espaces pour abriter l’exposition : le Musée Kheireddine de la Médina et la Maison des Arts du Belvédère qui a été consacrée en 2006 pour l’exposition de Lamine Sassi.
Si vous nous expliquiez votre façon de gérer cette situation un brin difficile avec un budget aussi restreint? Réponse de Mongi Maâtoug qui a démarré il y a une année avec dix mille dinars (ou presque) pour monter l’expo et les autres frais comme les correspondances qui chiffrent et le salaire de la secrétaire ... : “C’est vraiment là que le bât blesse. Déjà avec ce qu’on a reçu pour cette année, il nous est impossible de faire quelque chose de bon ou même de moyen. Nous avons eu droit à 11 mille dinars qu’a versés le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine. Cette somme est venue déjà un peu tard en juillet 2006 et elle est loin de suffire à couvrir les frais qu’on connaît. Chose qui m’a obligé à contacter les adhérents pour une cotisation de 30 dinars afin d’éditer ce fameux catalogue”. Et le bureau n’écarte déjà aucune “miette” pour se donner bonne mine.
Lors de la rencontre d’évaluation annuelle, tenue le 1er juillet 2006 à Hammamet, il a été question de passer la cotisation annuelle de chaque membre de dix à vingt dinars ... Mais même avec cela, les choses ne vont pas évoluer comme il faut et serrer la ceinture de plusieurs crans s’impose pour faire face à ce climat peu confortable “Nous ne comptons plus organiser ce genre de rencontres qui nous coûtent les yeux de la tête”. Sachant que l’Union n’a pas non plus perçu les 5% des ventes des œuvres de 2006, achetées par l’Etat et payés individuellement. Ceci affecte d’un autre côté les caisses déjà vides de cette association. “Le ministère qui a acheté pour quatre-vingt mille dinars sur les deux cents exposants se permet d’acheter beaucoup plus des galeries privées. C’est notamment pour cette raison que notre bureau ne compte plus s’occuper de cette Exposition annuelle des artistes. On préfère que le ministère le fasse comme cela indiqué, d’ailleurs dans le Journal Officiel.
A la limite on peu l’aider mais notre rôle sera secondaire et on préfère nous pencher sur les petites expositions et les multiplier de par le pays et tout le long de l’année”, précise le président de l’UAPT.
Nous trouvons que la décision est légitime du côté du bureau de l’Union qui, pour s’en sortir cette année, a dû proposer aux adhérents une cotisation pour le catalogue”. Cette attitude n’a pas été très applaudie par les membres dont quelques-uns ont fini par se désister.
Résultat : il n’y aura pour cette année que 108 peintures et 18 sculptures avec très peu de photographies. “Nous comprenons très bien nos artistes mais on n’a pas le choix. Les autorités compétentes considèrent les Arts-plastiques des parents pauvres des autres expressions artistiques. Comme la Musique, le cinéma, le théâtre ...”, a précisé Mongi Maâtoug sur une note pessimiste.
Et de se ressaisir : “Mais pour cette année, nous devons nous démener, quitte à nous endetter pour sauver notre face devant nos invités de Monaco. Cinq Monégasques exposeront 31 œuvres. L’arrivage de ce lot est prévu autour du 25 janvier. Dix accompagnateurs seront avec la délégation officielle mais à leurs frais. Nous devons éditer ce catalogue et le distribuer le jour du vernissage de l’Exposition”. Comment allez-vous faire?
“Je n’en sais rien. Mais le catalogue est notre vitrine et il faut que tout le monde comprenne cela ...”, nous a répondu l’artiste encore dans la tourmente et qui veut être absolument à la hauteur de l’événement et de ses invités qui ont accueilli sur le Rocher l’an dernier une foule de nos artistes dans leurs galeries royales.

Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com