Contre l’avis des Etats-Unis : Bagdad plaide pour le dialogue avec l’Iran





Le président irakien Jalal Talabani a plaidé hier pour un dialogue entre les Etats-Unis et l'Iran au moment où ce dernier réaffirme sa volonté de coopérer dans la stabilisation de l'Irak accusant Washington d'alimenter la tension entre sunnites et chiîtes

Le Quotidien-Agences
Le président irakien, Jalal Talabani, a affirmé dans un entretien hier que son pays ne souhaitait pas devenir un "champ de bataille" entre l'Iran et les Etats-Unis et invité les deux pays au dialogue.
"Nous ne voulons pas que les relations entre l'Iran et les Etats-Unis évoluent vers un conflit ayant pour champ de bataille le territoire irakien", a dit Talabani dans un entretien au quotidien panarabe Al-Hayat.
Les Etats-Unis accusent régulièrement l'Iran d'ingérence en Irak et de déstabiliser le pays, ce que dément Téhéran.
Durant sa visite à Téhéran fin novembre, les responsables iraniens ont fait part de leur "disposition à aboutir à une entente avec les Etats-Unis sur les (questions concernant notamment) l'Afghanistan et le Liban afin de trouver des solutions satisfaisantes aux deux parties", a dit Talabani dans cet entretien recueilli à Damas, où il est en visite depuis dimanche.
Talabani a indiqué qu'il "poursuivrait ses efforts pour que le dialogue s'instaure entre l'Iran et les Etats-unis et que les deux pays parviennent à s'entendre sur les moyens d'assurer la stabilité et la sécurité de l'Irak".
Selon lui, deux tentatives de tenir des rencontres entre iraniens et américains ont échoué l'an dernier.
Le président irakien a par ailleurs affirmé que l'Iran et la Syrie avaient commencé à "aider le gouvernement irakien à lutter contre la violence confessionnelle".
Interrogé jeudi sur un dialogue éventuel avec Téhéran, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, en tournée dans la région, a estimé que son pays devait au préalable renforcer sa position. "Nous avons besoin de plus d'atouts avant de parler aux Iraniens", a-t-il dit. "Tant que les Iraniens n'auront pas l'impression que les Etats-Unis sont un adversaire redoutable, il n'y aurait pas grand bénéfice" à dialoguer, a-t-il dit.

Téhéran accuse les Etats-Unis
L'Iran a accusé les Etats-Unis, qui ont arrêté cinq membres du "consulat" iranien à Erbil, dans le Kurdistan irakien, de vouloir empêcher la coopération entre l'Iran et l'Irak et d'attiser les tensions entre chiites et sunnites dans la région.
"Les Etats-Unis veulent faire en sorte que les relations entre les gouvernements iranien et irakien soient ternies", a déclaré Mohammad Jafari, l'adjoint au Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne, qui a confirmé qu'il s'était rendu en Irak à la demande des autorités irakiennes.
Cité par l'agence officielle Irna, ce responsable a affirmé qu'il s'était rendu en Irak à la suite du voyage du président irakien Jalal Talabani à Téhéran "pour suivre les dossiers en cours".
Jafari a déclaré qu'il avait rencontré les responsables irakiens et kurdes, notamment Massoud Barzani, "pour parler de certains projets de développement, de l'incursion de rebelles en Iran depuis l'Irak (...) de la nécessité d'instaurer la sécurité en Irak et des moyens de lutter contre les groupes terroristes".
L'armée américaine détient cinq personnes arrêtées lors d'un raid, le 11 janvier, contre un "bureau de liaison" iranien à Erbil (350 km au nord de Bagdad), qu'elle soupçonne d'être "étroitement liées aux activités visant l'Irak et les forces de la coalition" dans ce pays.
Jafari a précisé que "les Américains ont attaqué le consulat alors que la délégation iranienne tenait des discussions avec le président et le gouvernement de la région du Kurdistan irakien".
Jafari a également accusé les les Etats-Unis de chercher à "rendre l'Iran responsable de l'insécurité en Irak (...) et de son échec dans ce pays. Ce qui est faux".
"L'Iran n'est pas responsable de l'insécurité car il n'est pas logique que nous soutenions le gouvernement irakien et que dans le même temps nous lui créions des difficultés", a-t-il déclaré.
Il a souligné qu'il n'y avait "aucun Iranien parmi ceux qui commettent des opérations suicide en Irak. Ils sont originaires des pays arabes de la région qui sont les alliés des Etats-Unis".
Mottaki a accusé les Etats-Unis de chercher "à attiser un conflit entre chiites et sunnites dans la région". "Nous allons révéler ces plans prochainement", a-t-il ajouté sans autre précision.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com